Projet d'allotissement dans les TCL à Lyon : vives inquiétudes des salariés, le Sytral veut garantir un "socle social", explications

L'intersyndicale TCL est vent debout contre le projet d'allotissement dans les TCL et a lancé un appel à la grève pour la journée du mercredi 9 février. Un projet qui pourrait amener l'arrivée de plusieurs opérateurs selon le mode de transport (métros, bus, trams etc...). Le Sytral tente de dissiper leurs doutes. Explications.

Depuis 1993, et au moins jusqu'à mi-2024, le Sytral délègue à un seul et même opérateur l’exploitation de tout le réseau TCL, à travers une délégation de service public (DSP). Cet opérateur, c'est Keolis.

Pour le prochain appel d'offres, le Sytral souhaite ouvrir la possibilité à un projet d'allotissement (le fait de grouper des "marchandises" en lots), un projet qui pourrait répartir les modes de transports selon plusieurs lots (par exemple un lot "métro", un lot "bus" etc..) avec ainsi l'arrivée possible de plusieurs opérateurs selon le mode de transport (métros, bus, trams etc...). "La réflexion sur l’opportunité d’un allotissement pour le réseau TCL se traduira par une décision lors du conseil d’administration du 10 mars prochain (en 2022)", explique ce mardi 2 février le Sytral.

"La majorité EELV veut éclater ce patrimoine lyonnais pour de simples considérations mercantiles", intersyndicale des TCL

L’intersyndicale TCL est vent debout contre ce projet d'allotissement. "Notre entreprise est en danger ! Nous ne parlons pas de Keolis Lyon, mais bien des TCL tel que nous connaissons !", expliquent notamment la CGT TCL, FO ou encore la CFDT. "La majorité d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) a décidé que le service public devait non pas servir les usagers et l’intérêt général mais les appétits des multinationales du transport (Keolis, Transdev, RATP Dev, ...). Une fois de plus, ils ne jurent que par leurs tableaux Excel et les résultats financiers. Le seul problème et de taille, c’est que nous ne sommes pas de simples chiffres faciles à faire disparaitre en appuyant sur la touche « Suppr » de leurs claviers d’ordinateurs", écrivaient-ils de concert il y a quelques jours.

Lire aussi : Lyon : l'intersyndicale TCL vent debout contre le projet d'allotissement, vers une journée noire dans les TCL le 9 février ?

"Notre réseau n’a cessé de progresser depuis sa création en 1837 et fait preuve d’excellence par le professionnalisme et le savoir des salariés reconnus par de multiples récompenses nationales et européennes. Cette réussite est en grande partie dû à l’existence d’une seule entreprise sur un réseau unique ! Aujourd’hui, et en quelques mois, la majorité d’EELV veut éclater ce patrimoine lyonnais pour de simples considérations mercantiles", ajoutaient les syndicats.

Une grève est prévue le mercredi 9 février contre ce projet d'allotissement.


"La concurrence doit s'exercer mais ne se fera pas au détriment des salariés"

Bruno Bernard, président du Sytral


Face aux (vives) inquiétudes, le Sytral "alerté par les exemples des villes françaises ou européennes dans lesquelles la concurrence effrénée a généré des situations de recul sur les acquis sociaux", le Sytral "entend proposer une réponse à la hauteur des enjeux : un socle social qui garantira à tous les salariés la continuité de tous leurs acquis et droits sociaux". "Les élus du SYTRAL sont déterminés à protéger les salariés du réseau face à toute remise en question de leurs droits", ajoute le Sytral.

Bruno Bernard, le président du Sytral et de la Métropole de Lyon, ajoute que "dans le cadre du futur appel d’offre, la concurrence doit s’exercer mais elle ne se fera pas au détriment des salariés. Les rémunérations, acquis, usages doivent être garantis"

Le "socle social", c'est quoi?

Ce socle social, concrètement, c'est quoi ? "Pour mettre en place concrètement ce socle social, le Sytral exigera que les entreprises qui répondent aux futures consultations s’engagent sur la préservation des acquis pendant toute la durée du contrat par la conclusion d’accords collectifs de substitution avec les partenaires sociaux, qui devront reprendre au minimum les dispositions du socle social. Au-delà du maintien des rémunérations et conditions de travail individuelles, ce socle social prévoira également la contribution de l’entreprise au budget des œuvres sociales et culturelles pour que les prestations du Comité Social et Economique puissent à minima être similaires à celles d’aujourd’hui", explique le Sytral ce 2 février.

"Le dispositif actuel en matière de mutuelle et de prévoyance, y compris pour les retraités, sera maintenu. Le niveau de cotisation de l’employeur aux retraites
complémentaires sera conservé. Les conditions d’attribution et d’utilisation des cartes de circulation sur le réseau TCL seront maintenues. Enfin, les futurs contrats veilleront à favoriser la mobilité professionnelle", ajoute encore le Sytral.

Lire aussi : Cacophonie à la Métropole de Lyon, débats houleux après une proposition controversée de Bruno Bernard sur le futur Sytral

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