Pierre-Alain Muet : "La motion de procédure de Copé est une caricature"

Jean-François Copé a déposé une motion d'irrecevabilité pendant le débat sur la proposition de loi dont Pierre-Alain Muet était le rapporteur.

Jeudi 30 avril dans l'hémicycle, il est environ 10 heures lorsque Jean François Copé intervient dans le débat. Déterminé à donner une leçon de savoir vivre parlementaire, il lance aux socialistes : " Aujourd'hui, vous allez voir, tranquillement, ce que c'est que l'utilisation de procédures qui ne font pas avancer le débat : des motions, des suspensions de séance. Nous qui ne sommes pas d'accord avec vos propositions, nous allons faire comme vous quand vous n'êtes pas d'accord avec les nôtres ". La matinée s'annonce longue et chaotique sur les bancs de l'assemblée. Au programme de la journée, le débat parlementaire d'une proposition de loi socialiste rapportée par Pierre Alain Muet, député du Rhône. Son contenu rappelle étrangement celui du décret de Matignon du 31 mars relatif aux stock-options. Interdire les bonus et les parachutes dorés aux dirigeants de sociétés recapitalisées par l'Etat, limiter le salaire des dirigeants de ces mêmes entreprises, mais s'ajoute à cela, un article particulièrement cher aux socialistes, la suppression du bouclier fiscal. Le ton monte, la séance est suspendue pendant une heure. A la reprise, le président du groupe UMP lève sa motion d'irrecevabilité pour laisser place aux débats. Cependant, dès cet instant, les députés UMP quittent tour à tour l'hémicycle laissant leurs homologues socialistes seuls, face à la ministre de l'économie Christine Lagarde. Après plus de cinq heures de débats, la séance est levée et le vote reporté à mardi 5 avril.
" Une réaction absurde "

Contacté par téléphone à la levée de séance, le député du Rhône, Pierre-Alain Muet réagit aux évènements de la matinée. Il se dit " profondément surpris de la réaction démesurée de la majorité ". La déception est perceptible dans la voix du député. Cette proposition de loi semble lui tenir à cœur. " Nous sommes conscients que cette loi n'a aucune chance d'être votée, mais c'est la seule façon d'obtenir un débat de fond sur des thèmes si scandaleux " déclare-t-il agacé. Le député socialiste n'est pas tendre avec Jean-François Copé  : " Ce qu'il a fait, c'est une caricature du blocage parlementaire. L'obstruction n'est légitime que lorsque le texte de loi est en mesure d'être adopté. Ce matin, il s'agissait simplement d'une fuite de la majorité face à des questions importantes ". Petite vengeance ou sérieux tacle parlementaire, la motion d'irrecevabilité de la majorité aura toujours fait mouche. Au moment de raccrocher, un nouveau débat s'ouvrait à l'assemblée, celui de l'aide aux réfugiés clandestins et Pierre-Alain Muet concluait : " Je vais bien voir ce qu'ils nous ont réservé ce coup-ci ".

Victor Guilbert

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