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Peut-on encore se loger à Lyon ?

En matière de logements, les écologistes portent parfois des injonctions contradictoires : ne pas artificialiser les sols et lutter contre la densification tout en se fixant un objectif ambitieux de construction de 8 500 habitats. Une équation difficile à résoudre alors que la crise du logement s’installe. Décryptage.

La métropole de Lyon est victime d’un effet ciseaux fâcheux en matière de logement. Depuis une poignée d’années, le nombre de constructions diminue de manière constante et soutenue alors que le territoire continue d’attirer chaque année près de 15 000 nouveaux habitants. “Cela fait maintenant quelques années que la crise du logement s’installe à Lyon. Le stock de biens à louer se réduit comme peau de chagrin. L’offre de biens à l’achat est aussi très faible. Aujourd’hui, le logement n’est pas accessible dans la métropole et je ne parle pas de prix. Dans le locatif, nous tournons autour de cinq demandes pour une offre”, présente Nicolas Bouscasse, président de la Fnaim du Rhône. Dans le logement social, le délai d’attente est de 28 mois pour l’obtention d’un T5 et de 15 mois pour un T1. Les voyants d’alerte clignotent pourtant depuis longtemps. En 2017, Lyon Capitale titrait sur une crise du logement qui couvait dans l’agglomération. Depuis, la situation s’est dégradée. Le rythme des constructions a ralenti alors que le nombre d’arrivants dans la métropole continue de croître : entre 12 000 et 15 000 nouveaux habitants par an. En 2017, la situation commence à se tendre alors que 12 400 logements sortent de terre dans l’année. La production a depuis considérablement baissé : 7 500 en moyenne en 2018 et 2019. Avant de chuter sur fond de crise sanitaire : 3 000 logements neufs vendus en 2020 et 1 800 au cours du premier semestre 2021.

Un marché qui carbure à la pénurie

La pénurie de logements dope depuis quelques années le marché immobilier et a rendu l’ensemble de la métropole attractif pour les nouveaux arrivants. “Nous voyons arriver des biens sur des secteurs que l’on ne voyait jamais, dans l’Est lyonnais par exemple”, observe Nicolas Bouscasse. Les prix s’affolent partout avec un marché qui carbure à la pénurie. Les professionnels de l’immobilier ont longtemps vu dans la crise du logement des effets d’aubaine. Mais l’effondrement de la construction depuis deux ans a pris des proportions menaçantes.


Aujourd’hui, le logement n’est pas accessible dans la métropole et je ne parle pas de prix


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