Pauvre Clément, pauvre pays, pauvres parents

Clément Méric, un jeune étudiant de Sciences Po, est mort sous les coups, à Paris, hier, dans une rixe qui aurait opposé jeunes militants d’extrême gauche et jeunes militants d’extrême droite. Six personnes au total, dont l'auteur probable du coup mortel, viennent d’être interpelées ce jeudi, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.
 Mais déjà, les professionnels de l’indignation avaient flairé le bon coup politique : Pierre Bergé a ainsi immédiatement accusé La Manif pour Tous, les associations "antifascistes" hurlent No pasaran, Anne Hidalgo et Cécile Duflot pleurnichent à qui mieux mieux des larmes de crocodile sur Twitter…

Et si, pour une fois, on écoutait vraiment les étudiants qui se sont rassemblés en hommage à leur camarade Clément Méric ce midi devant Sciences Po Paris ? Des étudiants extrêmement choqués par ce drame mais aussi par la récupération politique de l'affaire. Des étudiants qui ont réclamé un minimum de "décence", et invité les élus présents sur place, dont Bertrand Delanoë, Harlem Désir et des représentants du Parti de Gauche, à quitter les lieux. Car si le caractère odieux de cette agression ne fait aucun doute, le comportement charognard de trop nombreux élus ne fait pas non plus honneur à la République.

Car c’est bien la connerie qui a tué le jeune Clément. Et le côté bravache que l’on peut avoir à dix-huit ou dix-neuf ans, malheureusement entretenu par des groupuscules stupides et ultra-violents, dont c’est la seule raison d’être et qui n’ont absolument aucune idée sur Trotsky ou Göring. Quel ministre de l’Intérieur aura le courage de l’affirmer tout haut, plutôt que de tenter de se refaire une santé à bon compte en surfant sur les faits divers ? Certainement pas Monsieur Valls, qui, une fois de plus, vient montrer ses muscles après la bagarre. En digne successeur de Monsieur Sarkozy. Pauvre Clément, pauvre pays, pauvres parents.

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