Au campus des Berges du Rhône le 09/04/2018 © Elie Guckert
Au campus des Berges du Rhône le 09/04/2018 © Elie Guckert

Parcoursup : mobilisation tranquille à Lyon 2

Alors que plusieurs universités sont fermées ou partiellement bloquées partout en France pour protester contre l'instauration du système parcoursup, Lyon 2 a opté pour une mobilisation basée sur le dialogue et la pédagogie.

Si d'autres universités françaises ont opté pour le blocage, les étudiants de Lyon 2 eux préfèrent encore la méthode douce. Ce lundi sur le campus des Berges du Rhône (7e) deux entrées sur quatre étaient bloquées par un empilement de poubelles. Sur les autres, des militants du syndicat Solidaires de Lyon ont organisé des barrages filtrants.

Anas et Alban, tout deux membres du syndicat, se sont ainsi installés avec leurs banderoles devant l'une des portes. "On distribue des tracts à l'entrée pour informer les gens sur la loi ORE (orientation et réussite des étudiants), on n’est pas là pour empêcher les gens de rentrer ou d'aller en cours", expliquent-ils. Quand on leur demande comment les choses se passent avec la direction de l'établissement ils répondent, avec un rire entendu "ça se passe pas trop mal, mieux qu'ailleurs en tout cas. Ils ne nous ont pas interdit de faire les barrages, ils nous ont simplement demandé de bien ranger les poubelles quand ça sera fini".

"Créer du dialogue"

Si les mobilisations étudiantes ont fait l'objet de tensions, parfois violentes, notamment à Montpellier où à Tolbiac où des accrochages avec des groupes d'extrême droite ont eu lieu, à Lyon, l'ambiance est bon enfant. Dans la cour intérieure du campus, une dizaine d'étudiants ont installé des tables et accroché des banderoles. Ils proposent un petit déjeuner "autogéré" à prix libre juste à côté de la cafétéria du CROUS.

Héléna, étudiante en lettres, participe à la mobilisation, en dehors de toute organisation constituée, selon elle, comme la plupart de ses camarades. Ces derniers insistent bien volontiers sur l'idée que la mobilisation rassemble tout type d'organisations étudiantes ou syndicales. Pourtant, point de drapeaux hormis ceux de Solidaires. Mathis en est membre et explique que le blocage de Lyon 2 est tout au plus envisageable "bloquer pour fermer la fac, pourquoi pas, mais ça ne nous semble pas pertinent. On préfère plutôt en faire un lieu de vie où l'on peut inviter des sociologues et discuter."

Au campus des Berges du Rhône le 09/04/2018 © Elie Guckert
Au campus des Berges du Rhône le 09/04/2018 © Elie Guckert

"On discute avec les gens, confirme Héléna. L'idée c'est de créer du dialogue et de faire du contact", notant au passage que c'est toujours plus facile avec quelques croissants et du café. Un café par ailleurs "très bon" selon un homme plus âgé qui discute avec eux. Un enseignant solidaire ? "Je bois juste un café" donnera-t-il pour toute réponse. On insiste. "Je ne peux rien vous communiquer, c'est leur mouvement", coupe-t-il en désignant les jeunes.

Lors de la réunion d'information de 12H30, qui rassemblera une vingtaine de personnes, on n'apercevra d'ailleurs aucun personnel de l'université. C'est Baptiste qui la dirige pour "expliquer le contenu de la loi et comment la sélection voulue par le gouvernement va éloigner des tas de gens de l'enseignement supérieur." Lui aussi affirme ne pas faire partie d'une organisation quelconque.

L'essentiel de la mobilisation se joue en réalité à l'extérieur du campus. En début d'après-midi, les étudiants ont ainsi rejoint la manifestation des cheminots à Perrache. "Le statut des cheminots, c'est un verrou social, s'il saute, le reste suivra !", s’insurge Baptiste. "Les cheminots mènent le même combat que nous contre l'insertion des logiques du marché dans le service public." Un argument largement repris par ses camarades de lutte : "On va rejoindre la manifestation pour tisser les luttes, protester contre la privatisation des services publics et la logique néo-libérale", affirme Julien. Après une après-midi de marche, les étudiants pourront se rassasier au cours d'un "buffet d'occupation" avant d'assister à la projection du film La Haine de Matthieu Kassovitz. Un débat sera ensuite organisé, chacun y est invité à y expliquer "sa haine", toujours par le dialogue évidemment.

 

 

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© TF
Dans les universités bloquées, des étudiants demandent la validation automatique de leur semestre. À Lyon 2 un minimum de 15/20 pour tous a été voté en AG. Une revendication qui n'a jamais été appliquée... Du moins pas en tant que telle.

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