Myriam Picot, une femme au Barreau de Lyon

Lequel, depuis janvier 2008, est d'ailleurs composé en majorité de femmes. Pendant un an elle sera la dauphine de Rémi Chaine (l'actuel bâtonnier), avant de prendre la direction du Barreau pour deux ans.

Séduisante blonde et joggeuse assidue, Myriam Picot avait déjà fait partie du conseil de l'ordre dans les années 1990. Une période pendant laquelle elle a d'ailleurs fondé la commission du droit des mineurs.

Lorsqu'elle démarre sa carrière, elle est déjà une avocate "engagée". A l'époque, son cabinet se trouve Grande Rue de la Guillotière, dans le 7e, tout près du tribunal des armées devant lequel elle plaide régulièrement la cause d'antimilitaristes. Myriam Picot a aussi été l'avocate d'Action Directe, le groupe libertaire terroriste et, par ailleurs, militante féministe, pour le droit à l'avortement notamment.

Si aujourd'hui elle traite surtout des affaires de divorce, elle met encore un point d'honneur à ne jamais refuser un dossier provenant de l'aide juridictionnelle. "J'ai des clients pauvres, j'ai des clients riches. Et je tiens à les défendre tous de la même manière", annonce sans épate l'avocate. Elle est d'ailleurs connue pour cette ligne de conduite, pour cette image du défenseur de la veuve et de l'orphelin, qui, si elle n'est pas usurpée, n'est pas non plus érigée en étendard.

"J'ai lu dans un journal lyonnais que j'étais de centre-gauche", sourit Myriam Picot. "Je ne vois pas où on est allé chercher ça. Mise à part ma période lycée, je n'ai jamais adhéré à aucun parti, mais je me suis toujours engagée au plan citoyen", rectifie-t-elle.Tirant à boulet rouge sur la mise en place du fichier Edvige, des centres de rétention de sûreté "qui défient toute logique démocratique" ou des peines planchers, Myriam Picot semble, dans ce contexte, avoir particulièrement envie de rassembler les avocats et d'être un porte-voix.
Redoutable

C'est un ténor du barreau vexé. Alain Jakubowicz, s'il a fermement nié avoir même jamais eu l'idée du bâtonnat, a pourtant réalisé avant cet été le traditionnel sondage, auprès des confrères et d'anciens bâtonniers, préliminaire à toute candidature. C'est ce qu'ont confirmé plusieurs d'entre eux. Myriam Picot est apparue comme une adversaire plus redoutable que prévu, et le défenseur de la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme
a donc sans doute préféré renoncé plutôt que d'essuyer un revers.

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