Meurtre du petit Amar : il voulait venger son frère

Deux hommes ont été interpellés et mis en examen dans l'affaire du jeune Amar, 12 ans, tué d'une balle le 13 décembre dernier dans le 8ème arrondissement. Le plus jeune a reconnu les faits. C'est lui qui aurait tenu l'arme du crime.

Après cinq mois d'enquête, le mur du silence tend à se fissurer. Ce jeudi matin, à 6 heures, la police a interpellé deux jeunes habitant Bron qui auraient participé à l'expédition punitive qui a coûté la vie au petit Amar. Victime collatérale d'un règlement de comptes entre bandes rivales de Bron et Lyon 8e.

Le plus jeune âgé de 19 ans, sans emploi et non scolarisé, a parlé et pu « soulager sa conscience ». La pression du voisinage, la peur l'ont conduit à reconnaître les faits. "Le silence lui était devenu insupportable", raconte le procureur de la République, Marc Désert. Bien que décrivant sa présence sur les lieux comme « forfuite », ce Brondillant est intervenu en raison des blessures infligées à son frère lors d'une précédente bagarre. Appelé à le venger, l'auteur des faits était le passager avant d'une voiture remplie d'armes.

Aux policiers, il a déclaré ne pas être au courant qu'elles se trouvaient là. Il pensait dit-il, que le règlement de comptes s'effectuerait à mains nues. Pourtant, il s'est bien saisi du fusil à pompes qu'on lui a tendu. "On a un peu de mal à croire qu'il ignorait la visée de l'expédition", souffle un enquêteur. Avant de tirer, le jeune Brondillant a dissimulé son visage sous son pull. Et a visé le sol. Ses comparses l'ont ensuite déposé devant son domicile où il a aussitôt brûlé ses vêtements pour effacer toute trace. Il ne sait pas ce que les armes sont advenues. Et refuse d'évoquer le rôle des autres participants. Le deuxième homme interpellé, âgé de 26 ans et arrêté le même jour, serait quant à lui l'auteur des tirs de Kalachnikov. Mais selon le procureur de la République, il n'aurait « pas desserré les dents » durant sa garde à vue.

"Soulagement"

Mis en examen pour assassinat et tentative d'assassinat, les deux hommes ont été présentés devant le juge dès jeudi soir. Ils étaient déjà connus des services de police. Le plus jeune pour vol aggravé, et le plus âgé a même été condamné six fois pour port d'armes, association de malfaiteurs et violence. Les deux hommes avaient même été interrogés quelques jours après le meurtre d'Amar, avant d'être relâchés. Des témoignages et des relevés téléphoniques semblaient jeter le soupçon sur leur participation au drame mais les éléments manquaient pour justifier leur interpellation. Arrestation rendue possible à la suite de nouvelles écoutes téléphoniques. Les policiers ont décidé d'intervenir, lorsque l'un des deux envisageait de prendre la fuite.

En décembre et mars, deux autres suspects, parmi lesquels le propriétaire de la voiture utilisée lors de la fusillade, avaient déjà été mis en examen et écroué. Les armes utilisées le 13 décembre n'ont jamais été retrouvées. Très probablement détruites après la fusillade. Tous les occupants de la voiture sont à présent sous les verrous. Il restera à définir le rôle exact de chacun d'eux dans le drame. "C'est un soulagement pour les parents de la victime", réagit Marc Désert. "C'était une affaire très difficile qui n'était pas gagnée d'avance. Elle a mobilisé un noyau dur d'enquêteurs qui se sont consacrés à cette affaire pendant près de cinq mois", nous confie un enquêteur.

Erratum : Dans une précédente version de l'article, nous précisions à tort que les deux jeunes gens interpellés étaient frères. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser de cette erreur.

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