Mal-logement : Rhône-Alpes dans le rouge

Mercredi 17 mars, à l'occasion de la présentation de son rapport annuel sur le mal-logement en France, la fondation Abbé Pierre dressait un état des lieux en Rhône-Alpes. Inquiétant. Car, malgré sa richesse, la région compte environ 60 000 personnes mal logées.

Guewen, élève de CE1, montre à la caméra sa « solution » pour se chauffer : une bouillotte extraite d'une de ses peluches. Un témoignage touchant qui met en évidence la détresse de beaucoup de familles. Cette année, la fondation Abbé Pierre a décidé de centrer son action sur l'impact du mal-logement sur les enfants, notamment sur les conséquences sanitaires et psychologiques. « Derrière la question du mal logement, il y a toujours celle des enfants  », explique Christophe Robert, délégué général adjoint de la fondation. En outre, le rapport a permis de faire un point sur la situation dans la région Rhône-Alpes qui, malgré la politique volontariste des pouvoirs locaux, n'est pas mieux lotie que ses voisines.

Une situation en perpétuelle tension

60 000 personnes sont dépourvus de domiciles personnels en Rhône-Alpes dont 15 000 vivent hébergés chez des tiers. La crise économique a définitivement porté son empreinte sur la crise immobilière actuelle. Et la situation est d'autant plus dramatique que la région construit moins de logements sociaux : -21,6 % en Rhône Alpes sur l'année 2008/09 par rapport à l'année précédente. Un pourcentage qui se situe dans la moyenne nationale qui est de 21,6 %. « On expulse autant qu'on construit du logement social », ironise Christophe Robert. De ce fait, les délais d'attente sont particulièrement longs : 47 mois en moyenne, soit 4 ans dans le Rhône qui obtient la palme parmi les départements de la région.

Les indicateurs dans le rouge

Marc Uhry, responsable Rhône-Alpes de la fondation, parle, quant à lui, de « croissant précaire » pour la zone allant de Roanne en passant par la plaine de l'Ain et la vallée du Giers. « Il existe une pauvreté invisible mais la crise commence à percer avec l'explosion du chômage. » Même Lyon et les grandes agglomérations, pourtant mieux dotée en matière de logements sociaux, ne font pas exception. Marc Uhry les qualifie même de « pompes refoulantes des ménages modestes ».

« Dans la région Rhône-Alpes, on assiste à une recours massif au DALO », explique t-il, « c'est le reflet des dysfonctionnements locaux ». Le DALO permet notamment de saisir une commission départementale dans le cas où une demande de logement ou hébergement n'aurait pas reçu de réponse adaptée. La situation des femmes et des familles monoparentales dans la région font partis des grands problèmes mis au jour par ce droit au logement. « C'est catastrophique » juge le responsable départemental de la fondation. Les familles monoparentales sont, en effet, celles qui font le plus appel au dispositif.

La responsabilité des pouvoirs publics en question

Louis Lévêque, adjoint au maire (PC) en charge du logement à Lyon, a tenu à rappeler, lors de la présentation, l'implication de la ville dans ce dossier : « Le budget pour le logement social a été multiplié par dix et celui de Lyon par trois depuis ces dernières années » même s'il concède « qu'il reste encore des marges de progression ». Il a également réaffirmé l'objectif des 20 % de logements sociaux sur le grand Lyon d'ici 2012. « Quand on parle de relance de la production, on a du mal à déterminer s'il s'agit de communication politique ou si c'est réellement effectif », lui a répondu le responsable régionale.

Mais c'est surtout le désengagement de l'État vis-à-vis de la construction de logements sociaux qui a été vivement critiqué par Marc Uhry et Christophe Robert. Les responsables de la fondation n'ont d'ailleurs pas mâchés leurs mots et ont manifesté leur colère devant les élus locaux et les acteurs du logements à Lyon. « On dérive dangereusement et il est temps d'arrêter de croire que le marché pourra répondre à la demande de logements dans notre pays ».

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