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Lyon-Tanger, 10 millions d'euros mis au jour sur la route des stups

Neuf personnes, dont un habitant de Pierre-Bénite, au sud de Lyon, et sa compagne ont été mis en examen ce jeudi, à Lyon, après une prise record de 1,2 million d'euros tirée de la vente de stupéfiants et vouée à être renvoyée au Maroc. En tout, 10 millions d'euros auraient ainsi transité de Lyon vers le Maroc en 4 mois.

"C'est une saisie très importante, symptomatique du trafic de stupéfiants en France et des sommes qu'il dégage" estime Francis Choukroun, directeur interrégional de la police judiciaire. Ses équipes, la brigade des stups, le groupe d'intervention régional (GIR) et le groupe de lutte contre les avoirs criminel, sous-division de la brigade financière ont bouclé une enquête exceptionnelle le week-end dernier. L'issue de quatre mois d'enquête au cours desquels ils ont mis à jour 10 millions d'euros renvoyés vers Tanger depuis la France, une somme issue du trafic de stupéfiants réalisé en France et renvoyé vers la ville blanche.

Impossible de savoir de quels types de stupéfiants il s'agissait, simple "résine de cannabis, héroïne, crac ou cocaïne, ce n'est pas cela qui est important", estime le directeur de la DIPJ. Il reste bouche cousue également sur les méthodes mises en œuvre par ses services pour pister les trafiquants : "Je n'ai pas envie que les délinquants sachent comment nous procédons pour les coincer" et pour cause, ces méthodes ont permis d'arrêter "neuf personnes" à Lyon depuis samedi, mises en examen pour "blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs".

Sous les tomates, la drogue

Quatre ont été mises en examen hier, mercredi 22 février, dont un couple résidant à Pierre-Bénite. L'homme a été écroué à l'issue de sa présentation au juge d'instruction, sa compagne laissée libre sous contrôle judiciaire. Quatre autres personnes étaient présentées cet après-midi. Elles devaient être mises en examen pour les mêmes chefs d'accusation et probablement écrouées. Tout est parti d'un camion contrôlé samedi dernier à la barrière de péage de Bollène, dans le Vaucluse. Le semi-remorque immatriculé au Maroc transportait des tomates, il rentrait d'Italie et roulait en direction du Maghreb.

Mis sur la piste du véhicule, les enquêteurs de la DIPJ de Lyon l'ont intercepté avant de procéder à sa fouille minutieuse. Ils ont découvert des tas de billets, cachés sous les tomates, pour un montant de 451 000 euros. Le directeur de la police judiciaire lyonnaise n'en dit pas plus sur le conditionnement des billets. Le chauffeur et le passager du camion, tous deux de nationalité marocaine, ont été arrêtés et conduit à l'hôtel de police de Lyon, siège de la direction inter-régionale, où ils ont été placés en garde à vue samedi.

Ils risquent 10 ans de prison et 750 000 euros d'amende

De fil en aiguille, les policiers sont intervenus dimanche au domicile d'un habitant de Pierre-Bénite, au sud de Lyon. Ils y ont découvert 720 000 euros en petites coupures, "vraisemblablement vouées à être acheminées de la même façon à Tanger prochainement" estime Francis Choukroun. Cet habitant de Pierre-Bénite vraisemblablement chargé de collecter les sommes issues du trafic de stupéfiants a été mis en examen et écroué, sa compagne a été laissée libre sous contrôle judiciaire. Enfin, quatre autres personnes ont finalement été arrêtées lundi. Elles étaient présentées au juge d'instruction ce jeudi après-midi et devaient subir le même sort que les premiers mis en cause selon les informations du directeur interrégional de la police judiciaire.

Francis Choukroun se félicite de cette prise qui en dit long selon lui sur l'organisation des trafiquants : "Des personnes étaient chargées de collecter l'argent, d'autres de le remettre à des chauffeurs qui l'acheminaient ensuite vers le Maroc". Le directeur de la DIPJ parle d'une "organisation autonome, sorte de consortium écoulant de la drogue et récupérant l'argent pour le renvoyer au Maroc". En tout, les enquêteurs estiment que 10 millions d'euros issus du trafic de stupéfiants auraient ainsi été renvoyés en camion depuis le sud de Lyon vers Tanger ces quatre derniers mois. Aucune collaboration avec les autorités marocaines n'a encore été établie, mais "cela pourrait venir" estime Francis Choukroun. Les mis en cause, écroués en attente de leur procès, seront jugés prochainement. Ils risquent 10 ans de prison et 750 000 euros d'amende selon le droit français.

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