Image d’illustration – © Tim Douet

Lyon : manifestations “d’apiculteurs en deuil” devant la Préfecture

Ce jeudi, une quarantaine d’apiculteurs se sont réunis devant la Préfecture du Rhône. Tous dénoncent les mortalités d’abeilles catastrophiques qu’ils subissent.

Dans le cadre de la mobilisation organisée dans toute la France, une quarantaine de personnes se sont rassemblées ce matin devant la Préfecture du Rhône. Derrière une rangée de fourgons et un cordon de policiers, les apiculteurs ont employé les grands moyens pour plaider leur cause. En tenues de travail et affublés de pancartes “Apiculteur en deuil”, ils agitent des encensoirs autour d’une ruche transformée en cercueil. Entre deux fumerolles, le Président du syndicat de l’apiculture du Rhône, Alain Rouchon, dénonce les ravages des traitements chimiques sur les abeilles : fragilisées, elles finissent par développer des maladies mortelles. “Ces substances sont sournoises, ça a été prouvé !”, s’emporte-t-il.

En effet, d’après une étude internationale publiée l’an dernier par la revue PloS One, l’intensification du recours aux pesticides et aux engrais chimiques serait responsable de la perte de 80 % des insectes en Europe en moins de trente ans. En ligne de mire des apiculteurs et des militants écologistes, les néonicotinoïdes qui détruisent les cellules nerveuses des abeilles, même à faible dose. “Ce n’est pas que les abeilles, précise un apiculteur. Toutes les espèces volantes sont concernées, les abeilles, mais aussi tous les insectes et les oiseaux”. Leur utilisation devrait être interdite cette année en France, mais les apiculteurs restent sceptiques. “Il y a aussi le problème des dérogations que la France a pour utiliser des pesticides, les traitements aériens et l’obligation de traitement”, déplore un membre de l’association Rés’OGM Info.

Pour Alain Rouchon, “on s’y intéresserait plus si c’était de bétail qu’il s’agit”. Mais pour les abeilles, les indemnités existantes pour dédommager les apiculteurs des pertes subies sont loin de suffire. Le syndicat plaide pour un meilleur soutien financier des apiculteurs sinistrés, l’interdiction immédiate des néonicotinoïdes et la prise en compte du problème de rémanence des pesticides qui restent présents dans le sol plusieurs années après traitement. Quant aux militants écologistes, ils prônent la fin des pratiques agricoles utilisant des produits chimiques et la recherche d’alternatives. Une délégation est en ce moment reçue par la préfecture pour en discuter.

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