Le siège de Sanofi Pasteur, à Lyon
Le siège de Sanofi Pasteur, à Lyon © Antoine Merlet
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Lyon : l’industrie pharmaceutique au défi de la Covid-19

La Covid-19 est entrée dans le catalogue de la plupart des industriels pharmaceutiques lyonnais. Les grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux sont présents à Lyon (Sanofi, Merck SD, Bayer) et sont en première ligne afin de lutter contre l’épidémie.

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1. Sanofi Pasteur 

(Gerland, Marcy et Neuville)
Dans l’agglomération lyonnaise, le numéro 3 mondial de l’industrie pharmaceutique dispose de trois sites majeurs. Sanofi a revendu son siège social de Gerland, mais a maintenu, à Lyon, celui de sa branche dédiée au vaccin : Sanofi Pasteur. C’est cette filiale du groupe qui est localement la plus présente. À Neuville-sur-Saône, elle dispose d’un site de production pour lequel elle s’est engagée, lors de la visite d’Emmanuel Macron en juin dernier, à investir 490 millions d’euros et à créer 200 emplois. Dans le Val de Saône, Sanofi pourrait produire jusqu’à quatre vaccins simultanément. La partie recherche et développement du groupe est, elle, basée à Marcy-l’Étoile. Sur ce site de l’Ouest lyonnais, Sanofi prévoit d’investir 120 millions d’euros. Au total, dans l’agglomération lyonnaise, le géant de l’industrie envisage donc un investissement de plus de 600 millions d’euros. L’État français lui a octroyé une aide de 200 millions d’euros dans le cadre de la recherche d’un vaccin contre la Covid-19.

2. Famar 

(Saint-Genis-Laval)
Si les bénéfices de l’hydroxychloroquine contre la Covid-19 sont loin d’être prouvés, ils le sont en revanche pour le site de production de Famar à Saint-Genis-Laval. Menacée d’être abandonnée quand le virus a déferlé, l’usine a été sauvée quelques mois plus tard. L’unité de production est la seule en France à être habilitée pour produire la nivaquine, un antipaludéen à base d’hydroxychloroquine. Seuls 115 des 240 emplois vont être maintenus par Benta, le repreneur libanais du site de Saint-Genis-Laval.

3. BioMérieux 

(Lyon 7e)
Le groupe s’est construit une réputation dans l’industrie pharmaceutique grâce à ses vaccins. Mais bioMérieux a cédé ce secteur d’activité en 1994 à une entité qui est aujourd’hui devenue Sanofi Pasteur. L’entreprise, qui est toujours la propriété de la famille Mérieux, se concentre désormais sur la branche diagnostic. Elle travaille d’ailleurs dans ce cadre sur des tests contre la Covid-19. L’un de leurs produits a été approuvé fin novembre et permet de détecter le nouveau coronavirus ainsi que d’autres maladies respiratoires comme la grippe. L’essor du marché du dépistage a permis à bioMérieux d’enregistrer une croissance de 20 % de son chiffre d’affaires en 2020.

4. Sequens 

(péage de Roussillon)
Dans sa stratégie de relocalisation d’industries stratégiques, le gouvernement s’apprête à accorder une aide de 65 millions d’euros au groupe Sequens. Ce dernier va relancer les chaînes de production de l’ancienne usine Rhôdia, précédent nom de Sequens, pour produire du paracétamol. Jugé pas assez compétitif, le site avait fermé en 2009. Lors de la première vague de Covid-19, la France, comme de nombreux autres pays européens, avait craint une pénurie de ce médicament. Les principes actifs qui servent à l’élaboration du paracétamol sont produits à 80 % en Asie.
Hopital de la croix rousse service des greffes © Tim Douet
Hopital de la Croix-Rousse © Tim Douet

5. L’hôpital de la Croix-Rousse

(Lyon 4e)
“Pendant longtemps, nous avions à Lyon des laboratoires pharmaceutiques innovants en infectiologie, mais une recherche publique en retrait. Depuis quelque temps, l’hôpital public a fait de gros progrès sur l’infectieux. L’hôpital de la Croix-Rousse a ramené des universitaires brillants comme Bruno Lina (virologue et membre du conseil scientifique) ou Florence Ader (l’infectiologue qui dirige l’essai Discovery)”, souligne Thierry Philip, cancérologue lyonnais et président de l’institut Curie. C’est, par exemple, depuis le centre national de référence des virus des infections respiratoires hébergé à l’hôpital croix-roussien que le professeur Lina mène les enquêtes “flash” pour déterminer la progression des variants. La plupart du travail de séquençage du virus de la Covid-19 s’effectue à Lyon.

6. Osivax 

(Part-Dieu)
Dans la lutte contre la Covid-19, Osivax est un peu l’invitée surprise à Lyon. Cette start-up qui travaillait, avec des résultats encourageants, sur un vaccin pluriannuel contre la grippe a décidé de se lancer dans la course au vaccin contre la Covid-19. Elle mise sur une technologie qui neutraliserait le corps du virus et résisterait ainsi aux mutations de ce coronavirus.

7. Froilabo 

(Meyzieu)
Cette entreprise basée à Meyzieu qui produit des super-congélateurs bénéficie d’un effet d’aubaine grâce aux vaccins de Pfizer et Moderna qui nécessitent d’être conservés à -80°C. Froilabo est la seule société française à concevoir ce type de congélateurs dont la demande est habituellement stable. En ce début d’année, elle a vu ses commandes tripler.

9. Le siège européen de l’OMS 

(Lyon 7e)
Ce bâtiment du 7e arrondissement est d’une certaine manière la reconnaissance du savoir-faire médical lyonnais. La Fondation Mérieux, en appui du gouvernement français et de l’Union européenne, avait porté la candidature lyonnaise pour accueillir cette antenne européenne de l’Organisation mondiale de la santé. Son ordre de mission n’a jamais autant été d’actualité : “La mission du bureau est d’aider les pays, en collaboration avec les bureaux régionaux et de pays de l’OMS, à renforcer leurs systèmes nationaux de surveillance et de riposte afin d’être en mesure de mieux détecter, évaluer et notifier les événements, ainsi que de répondre aux urgences dues aux risques de santé publique de portée internationale.” La présence de l’OMS va être renforcée par la création d’une académie pour former des cadres de santé du monde entier.

10. Le laboratoire P4 

(Gerland)

Créé en 1999 par la Fondation Mérieux, ce centre de recherche travaille sur les virus les plus dangereux de la planète, ceux pour lesquels aucun vaccin n’a été trouvé. Il n’y a que trois laboratoires de ce type en France. L’Inserm a récupéré la gestion du site en 2004. Les coronavirus étant classés agents pathogènes de niveau 3, ceux-ci ne sont pas étudiés au laboratoire P4 de Lyon. Les équipes lyonnaises ont été les premières, en 2005, à isoler le virus Ebola. L’établissement P4 de Wuhan a été développé sur le modèle de celui de Lyon.

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