faits divers
Véhicule de pompier © Tim Douet

Lyon : l'étudiant qui s'est immolé en pleine rue, un acte aussi politique

Terrible drame, vendredi après-midi, devant un bâtiment du Crous, dans le 7e arrondissement de Lyon. Un étudiant de 22 ans s'est immolé par le feu. Il est ce samedi entre la vie et la mort. C'est un acte aussi politique.

Quel drame. Un étudiant de 22 ans, originaire de Saint-Etienne, s'est immolé par le feu vendredi après-midi à Lyon. Grièvement blessé, gravement brûlé, il a été transporté en urgence au service des grands brûlés de l'hôpital Edouard Herriot, dans le 3e arrondissement de Lyon.

Samedi matin, il était encore entre la vie et la mort. 90 % de son corps serait brûlé, selon les pompiers. Le jeune homme, 22 ans, était membre du syndicat étudiant "Solidaires étudiants Lyon". C'est un acte aussi politique. Le jeune homme s'est immolé devant un bâtiment du Crous, rue Garibaldi, dans le 7e arrondissement.

"Ce n'est pas un hasard si je vise le Crous"

"Aujourd'hui, je vais commettre l'irréparable, a écrit l'étudiant sur Facebook. Si je vise le bâtiment du Crous à Lyon, ce n'est pas un hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, et par extension le gouvernement". "J'accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE de m'avoir tué, en créant des incertitudes sur l'avenir de tous, j'accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d'avoir créé des peurs plus que secondaires", a-t-il notamment ajouté.

Un geste profondément politique

Ce samedi, le syndicat dans lequel il milite, "Solidaires étudiants Lyon", a réagi par communiqué : "La précarité détruit nos vies. Depuis vendredi après-midi, un de nos camarades et ami est entre la vie et la mort, à l’hôpital. En grande précarité financière, privé de bourse, désespéré, il s'est immolé par le feu devant le bâtiment du CROUS de Lyon. Nous n'avons pas suffisamment de mots pour crier notre douleur et notre tristesse. Notre dégoût, aussi, à l'égard de ces institutions qui l'ont poussé à l'irréparable, comme il l'a expliqué dans un message poignant".

"Car ce sont bien ces institutions inhumaines, cette précarité, cette violence trop commune que l'Etat et l'Université exercent contre les étudiant-e-s dans l'indifférence générale qui ont guidé son geste, profondément politique, acte désespéré mais aussi et surtout geste de lutte contre un système fascisant et raciste qui broie. Elles sont à ce titre responsables et coupables", poursuit le syndicat.

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