Lyon : Jeunes et en colocation avec la Covid-19

Maxime et Jules sont amis d'enfance. Avant l'épidémie de Coronavirus ils étaient deux dans leur colocation. Aujourd'hui ils se retrouvent à partager leur quotidien avec la Covid-19.

"C'est long" commence Maxime sur Skype, jeune rugbyman affûté de 26 ans depuis son appartement situé à la Croix-Rousse. Positif à la Covid-19 depuis mardi dernier, il tue le temps avec son colocataire, Jules, lui aussi rugbyman (de poche) et malade.  "On en a chié pendant trois jours" poursuit-il, barbe taillée malgré les circonstances. Le nez qui coule, des difficultés pour respirer, un gros mal de tête, "je mettais très longtemps avant de pouvoir m'endormir le soir". Une affirmation qu'acquiesce aussitôt son colocataire.

Si selon eux, ils sont sur la voie de la guérison, ils ne s'attendaient pas à perdre le goût et l'odorat. Jules avoue que "c'est un calvaire", avant que Maxime ne renchérisse, "tu peux manger un plat de pâtes, t'as juste l'impression d'ingurgiter quelque chose de solide. Ce qu'on aimait le plus avec Jules c'était se faire à manger quand on s'ennuyait. Des petits plats, un bout de saucisson, une bière, du vin. Mais ça ne sert à rien, on ne sent plus rien. Alors j'en profite pour manger que des légumes" s'amuse-t-il.  Selon leur médecin, il faudra attendre deux à trois semaines avant de retrouver les sensations perdues.

Les deux lyonnais ont attrapé la Covid-19 dans leur club de rugby d'Ampuis, ville au sud de Lyon. "Notre entraineur était malade et puis après ça va vite, peut-être qu'il a serré une main et que le virus s'est diffusé par la suite. On est une quinzaine dans l'équipe à l'avoir, c'est l'hécatombe. Au rugby, avec la proximité, ça va vite" avoue Maxime.

A l'annonce des tests positifs, les deux compères se mettent immédiatement en arrêt de travail, enfilent les masques et les gants pour "faire de grosses courses pour ne plus avoir à sortir". Depuis, les journées se partagent entre "dormir, s'installer devant les jeux vidéo, faire des parties de cartes, regarder la télé ou lire des livres ..." .

S'ils ne sont pas inquiets pour eux, ils avouent que "ça fait drôle de l'avoir. On ne se sentait pas au dessus de ça, mais on pense toujours que ça n'arrive qu'aux autres" explique Maxime. Heureusement pour eux, entre leur dernier entraînement et le passage du test "on n'a pas vu nos familles".

Ils doivent attendre jusqu'à mardi prochain pour retrouver une activité normale, "on reprend le boulot mercredi"  annonce Jules. "Mais on ne nous a pas demandé de repasser le test pour être sûr qu'on soit guéri" expliquent-ils surpris.

 

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