LC 729 Dessin Téléphérique
Le projet de téléphérique (dessin d’artiste) © Romain Lardanchet

Lyon : Bruno Bernard confirme les deux projets de téléphérique

À peine élu à la métropole de Lyon, le président Bruno Bernard a été interrogé sur ses projets de liaisons par câble.

C'est un serpent de mer qui revient peut-être plus souvent que les rêves de pont entre Croix-Rousse et Fourvière. Ce jeudi 2 juillet, Bruno Bernard a été élu président de la métropole de Lyon (lire ici). La première question qui lui fut posée par les journalistes fut celle des téléphériques pour Lyon.

Lors de leur campagne, les Verts avaient présenté des projets de liaisons par câble, confirmées par le nouveau président. Deux axes prioritaires seront soumis à études : Francheville, Sainte-Foy-lès-Lyon et Lyon, ainsi que Techlid à Limonest vers Lyon Vaise.

L'idée d'un téléphérique ne manque pas d'arguments comme la possibilité de tirer des lignes directes sans être pénalisé par la circulation au sol, ou une rapidité à pouvoir être mis en place sur des secteurs en pente dans un contexte où il est primordial d'agir vite pour améliorer la mobilité.

Il existe quelques défauts néanmoins comme le bruit en fonction des câbles, l'acceptabilité de la part des citoyens qui habitent en dessous ou son coût notamment lorsqu'il passe au-dessus des habitations (les vitres des cabines doivent alors s'opacifier comme c'est le cas sur le téléphérique de Brest).

Une première étude en 2019

Fin 2019, le Sytral s'était montré très critique sur ce type de liaison testant trois scénarios où les coûts restaient importants pour le nombre de voyageurs : 150 millions d'euros pour 800 à 2500 voyageurs par jours pour plateau nord - Grand Montout (avec des variations saisonnières fortes et en fonction de la météo), 125 millions d'euros pour 1000 à 2000 voyageurs par jours pour Caluire - Vaise, et enfin 210 millions d'euros pour 4 000 voyageurs par jours pour Francheville - Gerland. 

Selon le Sytral, de telles lignes représentaient un coût autour de 30 millions d'euros par kilomètres pour un nombre de voyageurs équivalent à celui d'une petite ligne de bus (voire très petite). Néanmoins, jusqu'à présent, les services de l'autorité organisatrice ont toujours tiré le frein sur ce type de projet.

Les deux nouvelles hypothèses d'axes ne manqueront donc pas de relancer quelques débats autour de l'arrivée de téléphériques à Lyon.

6 commentaires
  1. Bernard G - 2 juillet 2020

    Bonjour, Mr Deligia

    Vous avez produit en décembre 2019 un article sur l'étude de tracés téléphériques par le Sytral :
    https://www.lyoncapitale.fr/actualite/un-telepherique-a-lyon-l-etude-qui-va-relancer-le-debat/amp/

    Je n'avais pu m'empêcher de trouver cette étude biaisée : Le Sytral a choisi 10 tracés, puis 3 seulement, volontairement mal fichus afin d'éliminer l'idée même que le câble pouvait avoir sa place dans notre agglomération ("qui veut tuer son chien l'accuse de la rage"). Peut être M Collomb et Mme Bouzerda voulaient-ils "tuer ce chien" ?

    Mais le câble n'est pas opportun partout : Même si les procédures réglementaires permettant de survoler des propriétés privées ont été rendues plus souples par une Ordonnance de novembre 2015, les possibilités et parcours vraiment intéressants sont peu nombreux.

    Rappels réglementaires : Un système à câble doit passer au minimum 8 mètres à côté et 20 mètres au dessus d'un bâtiment, afin de préserver le câble si le bâtiment brûle.

    L'accord des (co)propriétaires survolés restent utile, à défaut d'absolument nécessaire. L'Ordonnance de 2015 instaure des servitudes d'utilité publique qui sont bien sûr un peu aux dépens des "survolés". Mais imaginez un projet survolant une propriété habitée par des personnages influents, ou des avocats : c'est fichu d'avance.

    Rappels techniques : Tout changement de direction nécessite une station intermédiaire qui coûte aussi cher qu'une station terminale.
    Le passage des cabines sur les poulies des pylônes est plutôt bruyant, mieux vaut ne pas vivre à proximité.
    Un téléphérique va-et-vient (style Brest) offre des cadences de plusieurs minutes, comme un funiculaire.
    Mais les nacelles d'un télécabine peuvent passer toutes les 20/30 secondes, un temps d'attente négligeable.

    Rappel "tachymétrique" : La vitesse de pointe est de l'ordre de 20 km/h. Il ne faut pas se lancer dans des projets multi kilométriques s'il s'agit de transport du quotidien.

    Rappel économique : il est souhaitable de relier des secteurs denses en habitats et/ou activités pour obtenir une bonne fréquentation du système. Mais il est préférable de survoler des secteurs "vides" entre les deux stations.

    Le système de câble doit présenter un avantage indiscutable sur tout autre mode entre l'origine et la destination, en franchissant au plus droit des dénivelés et des obstacles qui allongeraient le trajet de cet autre mode.

    Du coup, j'ai des doutes sur l'opportunité du projet Vaise - Techlid.

  2. Georges Marchais - 2 juillet 2020

    Il n'y aura jamais de téléphérique à Lyon, la ville est trop conservatrice.
    Ce n'est pas comme Grenoble où les gens font des choses.

    1. Space opera - 3 juillet 2020

      Non, ça n'a rien à voir. Ce sont deux villes très différentes.

    2. Bernard G - 3 juillet 2020

      Trop conservatrice, Lyon ? @Georges Marchais, vous parlez de la ville qui vient de donner la majorité à EELV ?

  3. Pije - 5 juillet 2020

    Désolé mais seuls les écolos n'y sont pas arrivés : il suffit de regarder les résultats du premier tour
    Si en plus on y ajoute l'abstention alors là c'est chapeau bas pour la majorité verte.
    De grâce soyez un brin lucide, votre satisfaction ne doit pas vous aveugler.

  4. Fatedane - 7 juillet 2020

    Et la pollution visuelle dans le ciel de Lyon on en parle ?
    Il ne faudrait pas que Bruno Bernard cherche à proposer des projets juste pour y poser son nom... Le Sytral souligne qu'une ligne avec des bus à taille réduit pourrait fonctionner.

Les commentaires sont fermés

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