Lyon ambitionne d'être une "Métropole sans sida"

À quelques jours de la Conférence du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la métropole lyonnaise signe la charte "Métropole sans sida".

David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon, Jean-Michel Livrozet (président du COREVIH Lyon Vallée du Rhône), José M. Zuniga (Président de l’IAPAC, International Association of Providers of AIDS Care) et Tim Martineau (Directeur exécutif adjoint de l’ONUSIDA) ont signé ce lundi 7 octobre la charte "Métropole sans sida". Cette signature engage la Métropole de Lyon dans une "démarche de prévention-santé" : renforcer les systèmes de santé, la sécurité sanitaire et combattre les inégalités sociales et territoriales de santé. À cette occasion, un ruban rouge géant, symbole de la solidarité vis-à-vis des victimes du VIH, a été inauguré sur la façade de l’Hôtel de la Métropole.

Lyon sera la capitale mondiale de la lutte contre le sida les 9 et 10 octobre 2019. La métropole accueillera en effet la 6e conférence de reconstitution des ressources du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Cet événement doit marquer un tournant dans les stratégies de lutte contre le sida et permettre de définir le budget dont disposera le Fonds mondial pour lutter contre ces pandémies sur la période 2020-2022.

Vers un "monde sans sida"

Tout commence par la signature de la charte "Métropole sans sida". Cette dernière va permettre de renforcer les actions de prévention auprès des personnes exposées (notamment les plus vulnérables telles que migrants, prostituées et prisonniers). L’investissement de Paris dans la lutte contre le sida porte ses fruits (recul de 16 % des cas de séropositivité) et le Président de l’IAPAC a affirmé qu’il était possible de faire la même chose à Lyon. "Passer d’une maladie mortelle à une maladie chronique n’est pas suffisant (…) le but à terme est que les générations futures connaissent un monde sans sida", a-t-il ajouté.

En signant cette déclaration, la métropole soutient les objectifs suivants d’ici 2020 : 90 % des personnes séropositives connaissent leur statut sérologique, 90 % des personnes qui connaissent leur séropositivité reçoivent des traitements antiviraux et 90 % des personnes sous traitement ont une charge virale indétectable.

Plus de financements pour plus de résultats

Même si en 20 ans de mobilisation internationale des progrès notoires en matière de lutte contre le VIH ont été réalisés, selon l’ONUSIDA chaque minute quatre personnes sont contaminées par le VIH et deux meurent du sida. Chaque année, c’est 2 millions de personnes qui sont infectées. Pour AIDES, association française de lutte contre le VIH et les hépatites virales, il faudrait que soit adopté un budget supérieur à 14 milliards de dollars pour la période 2020-2022, afin de garantir la pérennité du programme.

La France, faisant preuve d’un fort engagement à l’égard de la santé mondiale (deuxième plus grand contributeur financier du Fonds Mondial), doit profiter de son statut de pays hôte de la Conférence de reconstitution des ressources pour obtenir un engagement financier plus conséquent des pays les plus riches. L’objectif étant l’élimination du sida comme menace à la santé publique d’ici 2030, il incombe donc à Emmanuel Macron, présent à Lyon les 9 et 10 octobre, de montrer l’exemple.

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