Eglise
Eglise Saint-Iréné ©Sasha Bouquet

Lyon 5e : un budget de 1,3 million d’euros dédié à la restauration de l’Église Saint-Irénée

L'Église Saint-Irénée, lieu symbolique de la religion chrétienne dans le 5e arrondissement de Lyon, fait l’objet d’une restauration d’envergure depuis décembre 2021. 

Afin d’appréhender plus sereinement l’avenir, Lyon réserve une place importante à la préservation de son histoire. C’est pour cela, qu’en 2019, la ville a renouvelé sa coopération avec l’Etat en adhérant à une 4e convention patrimoine. S’étendant jusqu’en 2024, celle-ci garantit une réservation, par la ville, d’un budget de 11,4 millions d’euros pour la restauration de ses biens historiques dont 2,8 millions sont financés par l’Etat. 

Durant ces cinq ans, ce sont les statues Le Rhône et La Saône des frères Coustou ainsi que plusieurs églises de la ville qui sont concernées par les travaux de restauration. Et, l'église Saint-Irénée, située dans le 5e arrondissement de Lyon, en fait justement partie.

façade en construction
Façade de l'église ©Sasha Bouquet

L'église Saint-Irénée est chère à la 3e ville de France. Plus ancien sanctuaire chrétien lyonnais, sa crypte date du IXè siècle. L’édifice a été construit sur une nécropole romaine, ce qui fait de celui-ci un lieu catholique mythique. Cette église est l’un des rares monuments du haut Moyen-Âge conservé partiellement en élévation. Classée Monument Historique en 1862, elle fait également partie du site historique de Lyon inscrit au patrimoine mondial par l’UNESCO en 1998. Cette église a assisté au développement de la ville des lumières et fait donc partie intégrante de ses racines.

Une restauration quasi-totale

Édifice antique signifie également endommagement. Dès 1862, l'église Saint-Irénée fait l’objet de déconstruction et de réaménagement. Le temps, ainsi que les travaux  de rénovation parfois discutables, ont fait de l’édifice un lieu n’ayant plus le paraître de sa renommée. Selon l’architecte du chantier, les vitraux sont « condamnés » et ,malgré les efforts de rénovation, ils ne pourront résister in aeternum. Mais ce n’est pas tout, l’Eglise a également été victime d’interventions avec du matériel inadapté ce qui a causé des dégradations assez importantes. C’est pourquoi, la DRAC, avec la collaboration du diocèse et de la ville de Lyon, a décidé de réserver 1,3 million d’euros pour sa restauration.    

La façade principale, les vingt-trois vitraux de l'église haute, les 12 médaillons peints, les murs, sols et plafonds de la crypte... Voilà quelques-uns des éléments concernés par ces importants travaux, débutés en décembre 2021. Le projet, confié à l’architecte Richard Goulois, est de taille. Une vaste partie de l’édifice étant concernée.

Petit détail, et non des moindres, dans ces travaux de restauration une seule chose va être ajoutée de toute pièce, un accès pour les personnes à mobilité réduite. L'Église étant surélevée, l’accès n’était, jusqu’à ce jour, pas possible pour tous.

intérieur église
Vitraux de l'église ©Sasha Bouquet

Le large portail situé à l’entrée de l’Eglise est en voie d’achèvement. Les vitraux, sont restaurés à hauteur de 50%. La façade ouest, quant à elle, est terminée. La précieuse crypte bénéficie elle aussi d’une importante restauration. Peinture à la romaine, colonnes de marbre rouge... Là encore on retrouve la volonté de rénover sans pour autant mettre de côté l’esthétisme d’origine, l’esprit du XIXè siècle de la crypte étant toujours présent. Comme l’atteste Richard Goulois, « le seul but de la restauration est de rendre à cet ensemble son côté antique de façon à faire de nouveau émerger ce lieu de culte dans la grande histoire Lyonnaise ».

Les directives des travaux, quant à elles, sont décidées de manière collégiale, les architectes travaillant étroitement avec le service d’archéologie ou encore avec la conservation régionale des monuments historiques. De plus, ceux-ci ont un dialogue permanent avec le diocèse qui est informé de toutes les avancées et qui peut participer activement à la restauration en donnant son avis. « C’est tout à fait normal d’associer le diocèse, n’oublions pas que c’est avant tout un lieu de culte. Il est donc normal qu’il prête attention à ce qu’il s’y passe » affirme Mr Goulois.

La préservation comme clef du chantier 

Et, c’est parfois des vestiges surprenants qui sont découvert  lors des opérations de restauration, comme l’explique la maire du 5ème, Nadine Georgel : « Les fouilles archéologiques révèlent encore plus que ce que l’on pouvait attendre ». Cela faisant à la fois bonheur et inquiétudes des personnes mobilisées pour le chantier, ceux-ci voyant les opérations de restauration se complexifier.

intérieur église
Intérieur de l'église ©Sasha Bouquet

En effet, en tant qu’édifice historique unique, la vigilance est de mise comme l’affirme Richard Goulois « C’est toujours un défi de rénover des édifices de ce genre-là. Nous devons restaurer tout en compromettant le moins possible ce que l’on va laisser aux  générations futures. Chaque geste doit être réfléchi ! ». Dans cette optique là, la totalité des trouvailles faites lors du chantier sont précieusement conservées. C’est par exemple le cas des vestiges découverts à l’extérieur de l’Eglise. Ceux-ci n’ont pas été déplacés, une dalle a simplement été coulée par-dessus afin de mettre l’ensemble de la surface au même niveau.

Importante d’un point de vue historique, l’Eglise l’est également d’un point de vue affectif comme le souligne la maire du 5e. « Cet édifice a une fonction très importante au niveau de la vie locale puisqu’il accompagne les messes, les enterrements, les mariages des habitants ».

Cet attachement prouve plus que jamais la nécessité de réaliser un travail de restauration des plus soigneux. C’est d’ailleurs pour cela que la ville  s’est entourée « des meilleurs spécialistes, à la fois dans les services de l’Etat que dans les services de la ville » et qu’ils ont à leurs côtés « le service archéologique de la ville de Lyon composé de spécialistes reconnus au niveau international. » comme l’explique Sylvain Godinot, adjoint au Maire de Lyon délégué à la transition écologique et au patrimoine.

travaux crypte
Intérieur de la crypte ©Sasha Bouquet

Au 25 mai 2022, le chantier est à 60% de son avancée. La fin des travaux est normalement prévue pour le dernier trimestre de 2022. Nadine Georgel espère bien que la restauration de la façade soit  totalement terminée pour la fin du mois juin, à l’occasion de la fête en l’honneur de Saint-Irénée. 

>> Infos 

L’église est actuellement ouverte le dimanche pour les messes de 9h et 10h30.

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