les vertiges du futur

Dans 20 ans, comment les technologies transformeront notre quotidien ? Notre façon de vivre la ville ? Nos rapports aux autres ? Lyon Capitale esquisse quelques pistes de réflexion en partant des plus récentes avancées scientifiques et technologiques.

Les nouvelles “nouvelles technologies” vont révolutionner nos vies au moins autant que l’informatique et les télécommunications ont bouleversé la fin du XXe siècle. Dans 20 ans, la convergence des nanotechnologies, des biotechnologies, des neurosciences et de l’informatique (encore) va être déterminante. C’est le constat que dresse l’ensemble des experts en prospective, réunis notamment, côté français, au sein de la Fondation Internet nouvelle génération (Fing).

Difficile toutefois, à moins d’être devin, de dessiner un seul et unique scénario. Nous pouvons toutefois esquisser les potentialités de chaque technologie en partant de ce que l’on connaît d’ores et déjà.

Les nanotechnologies

La fabrication de la matière à l’échelle du milliardième de mètre (0, 000 000 001 m) est à l’origine des propriétés exceptionnelles : conductivité, résistance,… Outre la miniaturisation à l’échelle nanométrique des puces informatiques, les premières applications sortent des laboratoires : le caoutchouc d’Arkema qui peut s’auto-cicatriser par simple contact, le gilet pare-balles qui se durcit au moindre choc ou encore des nanorobots qui circulent dans l’organisme pour cibler certains organes. Demain, on promet même l’assemblage atome par atome de la matière.
Les biotechnologies

Elles permettent d’aller toujours plus loin dans la manipulation du vivant. Après les OGM et le clonage de la brebis Dolly, le développement des recherches sur les cellules souches humaines pourraient à terme déboucher sur une thérapie cellulaire. Elle consisterait au développement en laboratoire de nos cellules saines pour remplacer les cellules malades, ce qui ouvre des perspectives inconnues en matière d’espérance de vie et d’ingénierie génétique.

Les neurosciences

Elles envisagent de percer le mystère de la pensée humaine, avec en ligne de mire, la possibilité de programmer un ordinateur à “intelligence artificielle”. Actuellement plusieurs laboratoires ont réussi à faire bouger un objet grâce aux signaux du cerveau que captent des électrodes placées sur la tête.

L’’Internet des objets”

est amené à supplanter l’“Internet des humains”, au moins en nombre d’adresses reliées aux réseaux. Avec l’invention de la puce RFID, pas plus épaisse qu’un cheveu, capable de contenir et d’échanger par ondes des informations, tous les objets vont pouvoir être marqués individuellement. Parallèlement, se met en place très progressivement un nouveau protocole IPv6 qui permet d’attribuer une adresse Internet à tous les objets. Aujourd’hui, la puce RFID équipe seulement le pass Liber-T pour le péage, le passeport biométrique ou la carte de transport en commun lyonnais (carte Tecely) et parisien (carte Navigo). Demain, un plan de travail intelligent donnera le contenu des placards de la cuisine, le médecin connaîtra tout le parcours médical du patient et la voiture ajustera automatiquement sa conduite en fonction de la vitesse autorisée.

Eldorado ou Big Brother ?

La convergence de toutes ces technologies fait craindre pour après demain ce que les opposants de la première heure aux nanotechnologies, Pièces et Main d’œuvre (PMO), appellent “un projet de société totalitaire” ou ce que le président de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) nomme une “société de la surveillance”. Une société dans laquelle un “Homme augmenté” évoluerait sans aucune vie privée. “Les technologies sont de plus en plus ambivalentes mêmes si elle se développent avec les meilleures intentions du monde, résume François de Jouvenel, directeur du centre d’études Futuribles. Tout dépendra de la manière dont les gens vont se les approprier. Le problème est que le débat politique sur leurs utilisations n’a pas lieu”.

En clair, si ces nouvelles technologies échappent au contrôle des citoyens, les scénarios les plus noirs des romans d’anticipations pourraient se réaliser.

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