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L’étoile Icare observée par un astronome lyonnais © CNRS

Les amateurs d'astronomie du club de Lyon contribuent à la recherche

Si l'observation de l'éclipse de Lune et de Mars n'était pas optimale ce vendredi à cause des nuages, les Lyonnais ont eu l'occasion d'en savoir plus sur l'astronomie grâce aux passionnés présents sur l'esplanade de Fourvière. Rencontre avec Romain, membre de la CALA, l'une des plus importantes associations d'astronomes amateurs de France.

Qui n'a jamais rêvé d'être astronome ? Certainement pas Romain, membre depuis huit ans de l'une des plus importantes associations d'astronomes amateurs, le club d'astronomie de Lyon Ampère (CALA). "Depuis que je suis tout petit, l'attrait pour la science et l'espace ne m'a jamais quitté", confie-t-il lors de l'observation de l'éclipse de Lune et de Mars ce vendredi soir sur l'esplanade de Fourvière. Dans la vie, il travaille pour EDF, mais une fois le vendredi venu, il se rend à l'Observatoire du CALA, situé entre Lyon et Grenoble pour être préservé de la pollution lumineuse des grandes villes. "Notre observatoire a été bâti par les membres du club dans les années 80. Il y a deux coupoles et des télescopes pour l'observation et les photographies. Nous nous y retrouvons le vendredi soir pour échanger sur l'actualité astronomique et observer les galaxies, les amas d'étoiles et les nébuleuses", détaille Romain.

Découvrir la vie sur une autre planète grâce à la lumière

Ce vendredi soir, une vingtaine de membres de l'association est venue sur l'esplanade de Fourvière pour organiser l'observation d'une éclipse de Lune qui peut permettre à elle seule d'indiquer la vie sur Terre. "Si la Lune est rouge, c'est parce que la lumière du soleil passe à travers notre atmosphère et que celle-ci dévie plus les rayons rouges que les rayons bleus. Ce qui permet de déduire la composition de l'atmosphère et le fait qu'il y a de la vie sur Terre grâce à la photosynthèse. Avec la spectroscopie, une technique d'imagerie qui décompose le spectre de la lumière, on détecte que dans notre atmosphère il y a des éléments signatures de la vie" poursuit Romain.

Précurseur dans la spectroscopie en amateur, le CALA permet aux passionnés d'apprendre à décomposer les spectres de la lumière des étoiles pour en déduire leur distance ou leur vitesse. Une technique qui représente d'ailleurs l'avenir de l'astronomie. "Aujourd'hui, l'idée n'est plus de démontrer l'existence d'autres planètes autour d'étoiles autres que le soleil, car nous le savons. Maintenant, il s'agit de savoir si d'autres planètes hébergent la vie. Le challenge de l'astronomie du futur est d'analyser la lumière des exoplanètes, celles en dehors de notre système. L'idée serait d'isoler la lumière d'une étoile reflétée à travers l'atmosphère d'une planète et d'analyser sa composition chimique pour trouver des traceurs de la vie", expose Romain.

Contribuer à la recherche scientifique

Si l'astronomie est une passion, Romain travaille aussi au côté de professionnels sur les coupes de rotation d'astéroïdes en observant les renvois de lumière. Grâce à l'acquisition de compétences techniques et scientifiques au sein de l'association, les passionnés apportent leur pierre à l'édifice de la recherche en astronomie. "Les collaborations entre les amateurs et les chercheurs professionnels se font en particulier sur les recherches qui nécessitent beaucoup de temps d'observation. Les amateurs n'ont pas forcément les instruments hyperpuissants, mais ils ont le temps dont peuvent parfois manquer les professionnels et ils leur envoient leurs données", explique-t-il.

Composée de 180 membres de tout âge de la région de Lyon et de Grenoble, l'association emploie deux salariés au sein de leur siège, situé au planétarium de Vaulx-en-Velin. Ils organisent de nombreux événements grands publics tout au long de l'année et se rendent régulièrement dans les établissements scolaires avec un planétarium itinérant pour proposer des projections du ciel et partager leurs connaissances techniques et scientifiques.

Prochainement, l'association organise la nuit des étoiles, avec cette année le thème de la planète Mars. "En ville, on peut très bien faire des observations de planètes et en ce moment, Mars est l'astre le plus brillant", rappelle Romain. Le club donne rendez-vous au public le 3 août à partir de 20 heures au parc du Vallon dans le 9e arrondissement, ainsi que le lendemain dès 16 heures au parc François Mitterrand de Vaulx-en-Velin.

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