Pierre-Jean Balzan

Les 50 personnalités qui font la culture à Lyon

Ils sont programmateurs, metteurs en scène, artistes, écrivains, éditeurs ou galeristes. Ils tiennent – pour certains depuis longtemps – les rênes des institutions culturelles ou se sont révélés ces dernières années comme des personnalités incontournables de la culture à Lyon. Le supplément Culture de Lyon Capitale-le mensuel vous propose – sans exhaustivité – de (re)découvrir ces figures parfois méconnues, qui décident et agissent au cœur de la création artistique lyonnaise. Extrait.

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Pierre-Jean Balzan, éditeur

Passionné de littérature, Pierre-Jean Balzan a lâché en 1997 une profession plus lucrative et jeté toutes ses économies dans La Fosse aux Ours. Il a ainsi pallié un manque évident pour une ville de l’importance de Lyon, celui d’une maison indépendante privilégiant la singularité et la qualité. Aujourd’hui, il peut se retourner fièrement sur un fonds d’une centaine d’ouvrages dont il colle encore délicatement les étiquettes sur la couverture avec ses mains de rugbyman. Parmi ceux-ci, des petits bijoux de littérature italienne (Mario Rigoni Stern), des découvertes (le toujours turgescent Alain Turgeon) et des fidèles, tel Antoine Choplin, qui vient d’obtenir le prix France Télévision du roman pour La Nuit tombée, coiffant au poteau Christine Angot.

François Beaune, écrivain

Disons-le tout net, si François Beaune est lyonnais c’est sûrement le fait d’un concours de circonstances. Ce qui n’empêche pas cet animal social de connaître à peu près tout le monde entre le Gros Caillou et le stade de Gerland. Le fait est que, sans avoir l’air d’y toucher, Beaune ne tient pas en place, parce que “attendre comme un con sur une chaise qu’on vienne te faire signer ton livre” n’est pas vraiment sa conception du métier d’écrivain. Fondateur de la Revue louche et de feu Le Cinéma à l’Envers (il s’agissait de réaliser un film à partir de son affiche), auteur d’Un homme louche et d’Un ange noir, du blog “Les bonnes nouvelles de Jacques Dauphin”, ce Clermontois de nais sa qualité d’écoute sont aujourd’hui mises au service des Subsistances, structure qu’elle codirige avec Guy Walter.

Cyrille Bonin, directeur du Transbordeur

Nouvelle délégation de service public oblige, c’est Cyrille Bonin et son équipe qui sont arrivés en 2010 à l’abordage d’un Transbo quelque peu brinquebalant, dont ils ont contribué à redresser quelque peu la quille. La direction d’une salle : une première pour cet ancien activiste punk devenu père d’une famille trimbalée dans un légendaire Kangoo, siégeant également au conseil d’administration d’Arty Farty. Cela n’a guère effrayé cet amateur de gros son, qui gère l’affaire en bon père de famille rock et que l’on peut voir déambuler en T-shirt et gros cheveux dans les travées de son bateau, les soirs de concert, balançant un “C’est pas mal, hein ?” avec un enthousiasme jamais feint.

Marc Bonny, président du Comœdia

Qui n’a pas versé une larme quand l’UGC Comœdia a fermé ? Qui n’a pas sauté de joie quand Marc Bonny et Marc Guidoni ont entrepris de le ressusciter pour en faire un cinéma art-et-essai-et-plus-si-affinités carrément haut de gamme ? Et surtout un cinéma à part, au rythme de programmation et à l’offre différente – entre reprises, jeune public, séries Z et films d’auteur. C’est que Marc Bonny, coproducteur et distributeur de profession chez Gebeka Films (Le Jour des corneilles, Panique au village), avec un goût prononcé pour le jeune public (le fonds de commerce de Gebeka), n’a pas une vision mercantile et popcornée du cinéma. On peut le dire, à l’heure où les multiplexes envahissent les villes et leurs banlieues, le légendaire Comœdia est devenu, grâce à lui, la meilleure salle de Lyon.

Jean-Paul Bouvet, directeur du Toboggan

À la tête depuis 1995 du Toboggan de Décines – scène conventionnée danse et véritable complexe culturel doté d’un théâtre de 664 places, d’un cinéma et d’un espace d’exposition –, Jean-Paul Bouvet (62 ans) développe une programmation danse qui, en cherchant toutes les sensibilités, revendique la prise de risque. Il a accompagné l’émergence du hip-hop, soutenu Maguy Marin pendant de nombreuses années et n’hésite pas à faire découvrir Sylvain Groud, chorégraphe atypique et peu connu, ni à faire venir Monnier et Angot. Issu du théâtre et de l’éducation populaire, il refuse de céder à la tentation d’une programmation qui présuppose les attentes du public, considérant que l’artiste prime. Son combat consiste aussi à convaincre l’école de donner à la danse plus de chances d’être découverte et pratiquée, à l’instar de la musique et du théâtre.

Sophie Broyer, directrice de l’Épicerie Moderne

Rare femme à diriger une salle de musiques actuelles, combinant les fonctions de directrice et de programmatrice, cette trentenaire a fait ses armes musicales à Rennes (la meilleure des écoles, dit-on) avant de se voir confier celles, de rênes, de l’Épicerie Moderne. De cette salle située à l’extrême sud de Lyon et à l’accessibilité toute relative, mais écrin comme on en voit peu, Sophie Broyer a dès son arrivée en 2007 fait un lieu incontournable de la musique de jeunes mais pas seulement (spectacles jeune public, expos et manifestations avec les Feyzinois y sont nombreux). Un flair impressionnant et une capacité rare à assumer la gestion du risque artistique font de la jeune femme la meilleure programmatrice de l’agglomération.

Un dossier à retrouver en intégralité dans le supplément Culture du mensuel de janvier, avec notre guide de la saison culturelle janvier-juin 2013.

Lyon Capitale n° 718 (janvier 2013) est en vente en kiosques jusqu’au 24 janvier, et dans notre boutique en ligne.

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