Grand Stade Décines
© Tim Douet

Le stade des haines accumulées

Comment le projet de construction d’un stade, c’est-à-dire d’une enceinte consacrée à la joie, peut-il susciter autant de haines ?

Heureusement pour l’argent de MM. Aulas et Seydoux (par ordre alpha), le front des antistade n’est pas homogène. Ce ne sont que des attaques en ordre dispersé, chaque village gaulois envoyant ses troupes quand bon lui semble, au mépris d’une stratégie globale et d’un commandement unifié…

Au début de tout, il y a ce profond mépris pour le citoyen et cette éternelle condescendance à l’égard de l’emploi de l’argent public. Tout s’est fait “à la lyonnaise”, en petit comité, la surface d’une loge de concierge étant suffisante pour réunir nos décideurs. Disons, notre élite.

Lorsque l’on retrouve les mêmes au conseil municipal, ils se tapent la main et disent “Bon, allez, on fait comme on a dit”. Rien n’est débattu ! Le citoyen se trouve devant le fait accompli, puisqu’en amont les politiques, les promoteurs et les financiers ont déjà bouclé le dossier, les prix et les marges. Cette façon de “gouverner” le foncier posera bientôt question.

Aucun flirt avec la population, aucune recherche de consensus…, aucune obligation de se parler. Le degré-zéro de la communication et des relations publiques pour l’Olympique lyonnais, et l’impression qu’Aulas est au football ce que Lelouch est au cinéma : scénario, réalisation, comptabilité et publicité.

“Faisons plutôt comme on a dit… à la schlague”

Ce que l’on supportait à l’époque de Béraudier et Pradel ne passe plus aujourd’hui, calibre des hommes sans doute et méconnaissance des bonnes manières.

Et puis il y a les économistes qui affirment depuis le début que “c’est trop tard, le stade il fallait le construire sur la vague black-blanc-beur de 98, en 2004 peut-être, en 2005 et son argent facile, mais surtout pas après la crise de 2008”…

Et les urbanistes comme les sociologues, pour qui le choix du site est une hérésie pour l’aménagement du territoire…, ceux qui maudissent l’agence des Monuments historiques qui, en surprotégeant les restes du travail de Tony Garnier, empêche toute évolution du stade de Gerland alors qu’il s’agit de l’une des rares œuvres sans intérêt du génial architecte…, ceux qui sont écœurés par les expropriations de paysans avec une utilisation plutôt floue de la notion de l’intérêt public…

Et puis les radins, dont je fais partie, qui frémissent devant le coût réel des raccordements, à notre charge, dans une ville où aucun des budgets initiaux n’a JAMAIS été respecté… et les amateurs de métro qui ont calculé qu’il faudrait 8 heures pour acheminer quelques milliers de sans-voiture… Pardon, ça m’a échappé ! Il est temps de conclure.

Enfin, il y a les amateurs de ballon, à qui on ne la fait pas. L’OL aura une équipe de bourricots encadrant des immatures – mais gominés – pour les cinq prochaines années… qui luttera pour la huitième place du championnat français, ce qui signifie la cinquantième place européenne, dans une ville qui aime tellement ceux qui titillent les étoiles.

Des étoiles à la cantine scolaire, voilà notre futur. Nous sommes loin des lendemains qui chantent et nous restons devant la seule option possible : l’arrivée d’un cheikh, d’un sultan ou d’un Soviétique ? Bonne chance.

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