Le nouveau business de l'échographie

Ouvert il y a deux ans à Lyon, l'enseigne Bébé View propose de découvrir son bébé in utero dés le 5ème mois en image 3D et 4D. Souvent, toute la famille se déplace, parents, enfants, grands-parents, qui commentent tour à tour le petit nez de bébé qui a tout de son oncle, son extraordinaire dextérité à attraper son pied. On s'émerveille aussi de le voir bailler, sucer son pouce ou sourire aux anges. "C'est un moment magique pour les couples ou les familles, ils profitent de bébé sans l'appréhension des analyses médicales avec un appareil dernière génération. Une émotion se crée qui renforce le lien affectif avec le bébé", explique Sylvie Bernollin. Ancienne secrétaire médicale, elle s'est reconvertie, il y a deux ans, en créant Bébé View. Pour une séance de 20 minutes à 99 euros, les familles repartent avec une vidéo et deux photos pour démarrer l'album de bébé. Venu des Etats-Unis et développé en Europe du nord, ce concept fait des émules en France. A Bron, la franchise Baby Clip est aussi sur le créneau.

Dangereux ?

Le développement de ces enseignes pose cependant question. Peut-on détourner un examen médical pour le transformer en spectacle ? Est-ce sans danger ? Face au développement de cette activité, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé et l'académie de médecine ont émis une mise en garde contre les échographies souvenirs et recommandé le principe de précaution. Ils leur reprochent d'exposer en continu aux ultrasons des parties localisées du fœtus (profil, face, organes génitaux). Spécialiste de l'imagerie médicale à l'hôpital Debrouse, le Pr Pracos, lui ,se refuse à condamner cette pratique : "il n'a jamais été démontré la dangerosité des ultrasons. Nous utilisons les mêmes techniques à l'hôpital. L'important c'est qu'il n'y ait pas d'ambiguïté sur le caractère non médical de ces échographies souvenirs". Le docteur Rebaud, échographe, est plus critique : "que se passe t-il en cas de découverte d'une malformation ou pire d'un décès in utero ? Le personnel n'est pas formé à affronter cela avec les familles". "Cela ne m'est jamais arrivé", rétorque Sylvie Bernollin. Oui mais au cas où ?

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