Le fondateur des centres dentaires Dentexia mis en examen et écroué

Pascal Steichen, fondateur et gérant des centres dentaires low cost Dentexia vient d'être mis en examen et placé en détention provisoire pour huit infractions. Au cours d'enquêtes de plusieurs années, Lyon Capitale avait mis en lumière le "système Dentexia", un complexe montage financier et juridique dans lequel s'imbriquaient moult sociétés gigognes qui semblaient consciencieusement siphonner les centres dentaires.

"Pratique commerciale trompeuse", "tromperie aggravée", "blanchiment en bande organisée", "banqueroute", "abus de confiance", "abus de biens sociaux", "fraude fiscale" et "escroquerie en bande en organisée". Pascal Steichen vient de se casser les dents.

Après deux années d'enquête, des magistrats du pôle de santé publique et de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris, compétente en matière de criminalité organisée, ont mis en examen , le fondateur et gérant des centres dentaires low-cost Dentexia.

Suite à une information judiciaire ouverte en 2016, dix-sept perquisitions ont été récemment menées. Le trésorier de Dentexia a également été mis en examen, notamment pour  "tromperie aggravée", "pratique commerciale trompeuse", "blanchiment en bande organisée", "fraude fiscale" et "escroquerie en bande organisée", ainsi que que l'épouse de Pascal Steichen pour "recels d’escroquerie" en bande organisée" et "banqueroute". Tous les deux ont été placés sous contrôle judiciaire.

Dès 2014, Lyon Capitale a consacré plusieurs enquêtes à ces centres dentaires low-cost installés notamment à Lyon Tête d'Or, Vaulx-en-Velin et Grange-Blanche, et son gérant, le businessman touche-à-tout Pascal Steichen.

Velléités financières sous couvert de but social

Dentexia, c’est une franchise de médecine dentaire low cost lancée en janvier 2012 dans l’agglomération lyonnaise, puis dupliquée un peu partout en France. Sur le papier – la démocratisation des soins dentaires -, l’idée a du mérite. Structurée comme une association à but social, il s’agissait de "favoriser l’accès aux soins dentaires pour tous et notamment aux personnes les plus démunies". Dans les faits, l’expérience s’est avérée dramatique pour des centaines de patients qui se sont retrouvés, non plus au sein d’un système de soins, mais au cœur d’une bulle spéculative, provoquée par les velléités purement financières des fondateurs.

Nous avions alors mis au jour ce que nous avions nommé le "système Dentexia" : un montage juridique nébuleux, dans lequel s'imbriquaient moult sociétés gigognes qui semblaient consciencieusement siphonner les centres dentaires, qui poursuivaitt un seul et même objectif : enrichir ses instigateurs.

Tout ceci ne serait que passe-passe fiscal s'il n'y avait pas de victimes : des patients, dont certains se sont retrouvés “défigurés”. A ce jour,  l’enquête cumule 1 553 plaintes de patients qui demandent réparation.

Les enquêtes que Lyon Capitale a menées sur les victimes de Steichen/Dentexia par le passé sont affligeantes.

Par mail, Pascal Steichen nous avait, en retour, écrit ceci : “C’est amusant de constater à quel point on se précipite (journalistes inclus) pour critiquer mes centres de soins, moi un simple “particulier”, alors que des milliers d’autres sont aux mains du grand capital (Axa, Mutuelles de France, Générale de Santé…) sans que les dentistes aient rien à dire.”

À trop vouloir faire de publicité, on s’en mord les lèvres. Et on se casse les dents.

> A lire aussi, sur notre site-partenaire Le Lanceur : Dentexia : le vrai scandale des “sans-dents”.

 

Dentexia  : le scandale continue

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Ils sont plusieurs milliers en France à avoir d'abord été victimes des centres dentaires low-cost Dentexia avant de se retrouver sur le carreau à l'issue de la liquidation judiciaire du groupe. Désormais, les personnes passées par un cabinet Dentexia en 2015 ont jusqu'au 30 juin 2017 pour faire une demande de prise en charge de leurs soins auprès de l'assurance maladie.
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