©Elsa Duverney

Laisse pas traîner ton fils si tu veux pas qu'il glisse dans les Aravis

Une superbe 11e édition du Craft Aravis Trail, dans le massif éponyme. Bel entrainement avec les ultras de l'été.

C'est bien simple : sur certains passages, je me suis demandé si je ne m'étais pas trompé de course. J'aurai raté l'Aravis Trail pour une "mud run" ces courses dans la boue qui font un tabac un peu partout en Europe ? Il faut dire que les pluies des derniers jours avaient détrempé le terrain au point d'en faire, à certains endroits, de vrais petits marécages. Au début, tu sautilles pour les éviter et finalement, au bout de quelques heures de courses, histoire d'économiser et de ne pas risquer la chute, tu écrases tes chaussures au beau milieu. Façon ventouse pour les retirer.

Descentes périlleuses

Et puis il y a eu les descentes. Franchement techniques pour ne pas dire périlleuses en forêt. Des pentes vraiment raides avec racines d'arbres, feuilles mouillées, cailloux, le tout sur une fine couche de boue. Des gamelles, j'en ai vu tellement que j'ai arrêté de les compter. Et puis des artistiques, pas des mesquines. Pas de blessés, une chance. Moi j'attaquais assez vite, par petites foulées, bassin légèrement baissé, fesses en arrière et ventre rentré, en appyant bien les crampons. C'est passé. De justesse.

Il y a aussi eu l'immense schuss pour rejoindre le dernier ravito. Un champ herbeux abrupt avec, au milieu, une monotrace tellement resserrée que deux pieds côte à côte ne tenaient pas. Ça glissait tellement qu'il était plus prudent de prendre directement sur le bord, dans l'herbe. Sauf que vingt minutes comme ça et c'est plus des chaussures que vous aviez mais des baignoires.

Méritants bénévoles

Et on pense à ce couple de bénévoles, en pleine descente, sous un parapluie (il a plu à ce moment) qui donnait des indications d'itinéraires aux coureurs ! Clin d'oeil à tous ces volontaires qui, s'ils n'étaient pas là, pour la plupart depuis potron minet, n'auraient pas permis la tenue des quatre courses.

Les différents parcours se croisaient à certains endroits. Du coup, tu te fais forcément dépasser par des Formule 1. Les types ont quelques bornes de moins dans les jambes quand même - une fille est passée devant moi, avec appel d'air vu sa vitesse... c'était la 2e féminine du 49 km. C'est sûr que quand tu doubles - qui plus est dans dossards rouges (le format en-dessous) - c'est bon pour le moral.

A propos de moral, il faut souligner une montée superbe (46,7e kilomètres sur la vidéo ci-dessous) : "le sentier du facteur". Quand tu regardes la montagne, tu vois sur la crête des formes allongées. C'est étonnant de voir des arbres accrochées aux flancs. Et puis ils bougent. A ce moment, tu réalises que c'est précisément là-haut que tu dois aller. Je n'ai pas réussi à connaître le fin mot de l'appellation de ce sentier. En tous cas, s'il y avait un facteur qui passait par là, il était sacrément brave.

Sans bâtons

Sur cette course, j'avais opté pour le "sans bâtons" - histoire de m'habituer pour la Diagonale, en octobre. Le constat : ce n'est plus du tout la même course qu'avec aide. Style alpin diront certains. Gain de puissance, augmentation de la vitesse ascensionnelle, économie des membres inférieurs, les bâtons apportent une aide précieuse. Deux nouvelles jambes en quelque sorte. Sans bâtons, tu dois te courber un peu plus, les mains sur les jambes pour les soulager un peu. Un rapide calcul : je vais environ 1,5 fois moins vite.

Et à la fin, Seb Chaigneau gagne

Qu'importe. Comme le répète à l'envi l'avion de chasse haut-savoyard Seb Chaigneau - qui a survolé la course en 7h32 (quand je mets 4h01 de plus ! !) - "faites-vous plaisir, le reste est anecdotique". J'ai rencontré des Belges, des Parisiens, un Montilien... Le trail des Aravis, petite organisation (300 coureurs max sur chaque course) - non référencée par l'Itra "un choix est certes audacieux, voir risqué, car il nous prive très probablement d'un plus large panel de coureurs, mais ce choix est raisonné et correspond à la volonté du comité d'organisation de donner à cette course un esprit montagnard, passionné, convivial et en phase avec l'esprit local des Aravis" - le trail des Aravis donc est un événement bon enfant, familial, simple et au final très exigeant dans son parcours.

A faire nécessairement.

Parcours en 3D ici :

https://ayvri.com/scene/g0jgyomvjo/cjwesuaad000128657j2lsb00?utm_source=ayvri&utm_medium=direct&utm_campaign=play_button&utm_content=standard&t=b7da2cbbe863c6ab48d9f1bdc42cfb8e7194e85f6ac881e1bbf7e0f5d77ebd42.e0c2e1424964c33f

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