La réforme de la carte scolaire encore au coeur des mécontentements

Simple 'problème d'outil informatique' pour le rectorat, 'conséquences de choix politiques' pour les syndicats.

A peine sortis des épreuves du brevet, certains collégiens de troisième ont reçu, il y a une semaine, une douloureuse surprise en ouvrant l'enveloppe du rectorat concernant leur affectation au lycée. Et ce, même pour des élèves demandant à étudier dans leur lycée de secteur.

Entre 300 (selon les chefs d'établissements) et 400 collégiens (d'après la FCPE) qui doivent entrer en seconde en septembre ont vu leurs voeux d'affectation rejetés. 'Et encore, il y a certainement beaucoup de familles qui se sont résignées et ne se sont pas manifestées', estime Michel Berthelier, porte-parole de la Fédération de conseils des parents d'élèves.

Or, si l'assouplissement de la carte scolaire avait pour but affiché de faciliter les dérogations, l'Etat a toujours pour devoir de garantir aux élèves qui le souhaitent une affectation dans leur lycée de secteur. En plus des problèmes rencontrés par ces futurs lycéens, des redoublants en seconde se voient également sommés de quitter leur établissement pour un autre.

Certains collégiens, attirés par des options spécifiques, n'ont pas non plus obtenu leur affectation dans le lycée les proposant.

'C'est le mépris qui règne'
La FCPE se dit 'scandalisée' de la méthode de gestion du rectorat : 'C'est le mépris qui règne. L'Académie ne nous donne pas d'informations. Hier, on a du forcer les portes du rectorat pour parvenir à faire entrer une délégation', s'indigne le porte-parole du syndicat de parents d'élèves.

Même exaspération du côté des enseignants. Jean-Louis Perez du Syndicat national des enseignants du secondaire (SNES) attribue ce cafouillage à l'assouplissement de la carte scolaire, qui accroît la volatilité des demandes : 'Ca fait deux ans qu'on exige un bilan de cette réforme à l'Académie, et on n'a toujours rien. Ce genre de problèmes n'arrivait pas avant l'assouplissement de la carte scolaire.' Un diagnostic partagé par la FCPE, qui dénonce en plus 'les réductions d'effectifs chez les enseignants et la maximisation du nombre d'élèves par classe'. Quel lien ? Le SNES cite l'exemple de vingt-huit élèves à Vénissieux qui souhaitaient étudier au lycée Marcel Sembat, leur lycée de secteur, et qui se sont retrouvés affectés au lycée Jacques Brel, situé à trois kilomètres de là.

Une décision motivée, selon le syndicat d'enseignants, par pur souci d''économies budgétaires'. Le lycée Marcel Sembat aurait du ouvrir une nouvelle classe de seconde alors qu'il restait de la place à Jacques Brel. Une manière de ne pas avoir à recruter d'enseignant.

Les cas réglés à la fin de la semaine
L'inspectrice d'Académie de Lyon, quant à elle, n'estime plus qu'à une vingtaine les dossiers problématiques 'et quelques cas particuliers', qui devraient être réglés d'ici la fin de la semaine.

Même si elle affirme que ces problèmes d'affectation sont habituels et qu'ils n'ont été amplifiés que par des difficultés liées à un nouvel outil informatique, elle admet que l'assouplissement de la carte scolaire a tendance à aggraver le phénomène : 'Beaucoup de familles ont demandé le même établissement. C'est comme à Paris, quand des milliers de familles demandent Henri IV, elles n'obtiennent pas toutes leur voeu.' Une manière d'avouer que l'assouplissement de la carte scolaire a bien contribué à faire émerger des lycées d'élite, contraints à sélectionner leurs élèves, tandis que d'autres se vident.

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