La grève se poursuit et se renforce au Médipôle Lyon-Villeurbanne

Alors qu'un appel à la grève avait déjà été lancé le 7 juin au Médipôle Lyon-Villeurbanne, dans la métropole de Lyon, un nouveau débrayage s'est déroulé ce mercredi devant l'établissement de santé privé. Les mesures annoncées ne sont pas jugées suffisantes par le personnel, qui compte durcir le mouvement, face à la direction qui souhaite "que la grève s'arrête le plus vite possible".

"Quasiment 100 % du personnel de réanimation est en grève depuis le 23 juin, et aussi 100 % des salariés de nuit", explique ce jeudi à Lyon Capitale Khadija Kamal, déléguée syndicale CGT et infirmière au Médipôle. Un nouveau préavis de grève a été déposé le 18 juin par le personnel, qui "souhaite durcir" sa mobilisation afin d'obtenir des "mesures suffisantes" de la part de la direction.

Poursuite de la grève entamée dès le 7 juin

Le 7 juin dernier, cette déléguée syndicale nous décrivait déjà le mouvement de grève inédit lancé par l'ensemble des salariés de l'établissement de santé, afin d'alerter sur les conditions de travail du personnel. Elle dénonçait alors une "ambiance délétère depuis 2 ans" au sein de l'établissement, avec "un dialogue social à l'arrêt" depuis de nombreuses années. Elle soulignait un "problème de management majeur" et des "conditions de travail dégradées" pour toutes les catégories de salariés.

Photos CGT USD 69 lors de la grève organisée le 7 juin 2021

Des mesures fortes de la part de la direction étaient alors attendues : "Nous réclamons une augmentation nette des salaires, une amélioration des conditions de travail, une meilleure gestion du personnel et une meilleure gestion RH", précise encore aujourd'hui Khadija Kamal.

Les mesures mises en place par la direction n'ont pas été jugées suffisantes

Suite à cette grève transversale inédite, suivie aussi bien par le service administratif que par le personnel médical, Xavier Claris, directeur général de Médipôle Hôpital Privé nous décrivait les attentes du personnel comme "tout à fait légitimes". Il précisait que des mesures allaient être mises en place prochainement à destination des salariés.

"Les annonces de la direction ne sont pas suffisantes et ne répondent pas aux revendications du personnel", affirme aujourd'hui Khadija Kamal. C'est donc dans un contexte de "durcissement du mouvement de grève" qu'une nouvelle opération de débrayage était organisée ce mercredi 23 juin. Suite à cela, la déléguée syndicale CGT souligne que le personnel de l'établissement a eu l'occasion de s'entretenir à deux reprises avec la direction.

"La direction n'émet aucune proposition et ne souhaite pas négocier avec les salariés en dehors de la NAO (ndlr : négociation annuelle obligatoire dans une entreprise)", souligne-t-elle. Une grève "plus dure" et "soutenue par les médecins" se met alors en place au sein de l'établissement : "nous n'avons aucune nouvelle entrée de patients et des déprogrammations d'opérations sont en cours", conclut-t-elle.

Réponse de la direction du Médipôle

Xavier Claris, également contacté ce jeudi par Lyon Capitale, nous précise que le mouvement de grève est "suivi par environ 50 salariés sur l’ensemble de l’établissement et notamment au sein du service réanimation où nous comptons en ce moment 14 patients par définition très fragiles". Une réquisition de personnels soignants a été mise en place afin "d'assurer une continuité des soins" des patients.

Le directeur général du Médipôle se dit "très surpris de ce mouvement, dans la mesure où les négociations annuelles ont commencé le 17 juin". Des mesures concernant des "primes et revalorisations temporaires" avaient été annoncées "la semaine dernière", alors que "d’autres mesures viendront compléter cet arsenal dans les prochaines semaines".


 "Nous souhaitons que la grève s’arrête le plus vite possible dans ce service qui soigne des patients aussi fragiles"

Xavier Claris, directeur général de Médipôle Hôpital Privé


Il déclare également avoir reçu ce mercredi "une délégation" de grévistes afin "d’échanger sur leurs nouvelles revendications". Cependant, il souligne "qu'en raison d’un refus de service minimum de la part des salariés", la dialogue social a été interrompu. Xavier Claris ajoute : "la direction reste ouverte à toute discussion dès lors que les réquisitions seront honorées par les salariés concernés", afin que "la grève s’arrête le plus vite possible dans ce service qui soigne des patients aussi fragiles".

Le personnel de l'établissement s'est réuni aujourd'hui à 15h, à la bourse du travail, afin d'alerter le public sur la situation du Médipôle.

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