" L'Angolagate " n'empêchera pas Fenech de diriger la lutte anti-secte

Georges Fenech n'est pas un débutant concernant les dossiers d'organisations sectaires. C'est même un expert. A la fin des années 1980, alors qu'il est magistrat à Lyon, il instruit une longue affaire contre l'Eglise de Scientologie. Plusieurs responsables lyonnais de l'Eglise ont alors été condamnés pour escroquerie, extorsion de fonds et pour homicide involontaire pour Jean-Jacques Mazier, président de l'église de Scientologie de Lyon. Il a ensuite présidé la commission d'enquête sur les sectes et les mineurs, puis, au printemps 2008, il fut chargé par le Premier ministre, François Fillon, d'une mission d'évaluation des dispositifs judiciaires pour lutter contre les dérives sectaires. Donc, Fenech pour diriger la MIVILUDES, c'est un peu " The right man at the right place ". L'homme qu'il faut là où il faut.

L'Angolagate
Reste que si on avait voulu discréditer la MIVILUDES, on ne s'en serait pas pris autrement. Georges Fenech est inquiété dans l'affaire dite de " l'Angologate " ou " affaire Falcone " portant sur 790 millions de dollars de vente d'armes vers l'Angola dont le procès doit s'ouvrir dans deux semaines. Plusieurs personnalités politiques françaises, parmi lesquelles Charles Pasqua ou Jean-Christophe Mitterrand, auraient touché des commissions. Fenech y est mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux. Il est soupçonné d'avoir touché en 1997 un chèque de 100 000 francs (15 000 euros) de la société de vente d'armes Brenco International. A l'époque, Georges Fenech était président de l'Association Professionnelle des Magistrats (APM). Il s'est défendu en affirmant que cet argent correspondait à un abonnement à une revue que publiait l'APM. Certaines organisations sectaires n'ont pas manqué de faire le lien entre la nomination de Georges Fenech et les poursuites judiciaires pour discréditer sa nomination à la tête de la lutte anti-secte. La Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience (CPALC) ces mises en cause judicaires et juge que cela devrait suffire à provoquer " la démission d'un haut fonctionnaire ".
En mars dernier, Fenech a perdu son poste de député pour non-respect de la réglementation sur les dépenses électorales.

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