Jean-Charles Kohlhaas
Jean-Charles Kohlhaas.

Kohlhaas : “La France doit instaurer une taxe kilométrique”

La Cour des comptes pointe de nouveau du doigt le projet de liaison ferroviaire entre Lyon et Turin, dans un rapport rendu public ce jeudi. Jean-Charles Kohlhaas, conseiller régional EELV, revient sur ce qu’il voit comme les défauts de ce programme.

En France, le trafic routier n’augmente plus depuis vingt ans. Ce tunnel est donc inutile, d’autant plus qu’on en a déjà un”, explique Jean-Charles Kohlhass, avant de revenir sur les tenants et les aboutissants du projet Lyon-Turin. En effet, ce projet de ligne à grande vitesse (LGV) prend en compte la construction d’un second tunnel international de 57 km, qui se substituerait à celui du Mont-Cenis, cofinancé par l’Italie et la France. Une construction loin d’être prioritaire pour Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Le second point qui fait tache, c’est l’accès français, entre Lyon et Saint-Jean-de-Maurienne. Pour cette partie, il n’y aurait pas de financement européen. Ce qui laisse le gouvernement français seul face à 10 milliards d’euros de pose de morceaux de nouvelles voies. Alors que, “côté français, les infrastructures sont suffisantes pour deux tiers du trafic routier entre le tunnel du Fréjus et Lyon”, souffle Jean-Charles Kohlhaas.

“Il faudrait 50 ans pour l’amortir”

Les écologistes ne sont pas opposés à cette ligne à grande vitesse (LGV) mais le TGV est la dernière des priorités. Il faut utiliser les voies classiques existantes, en les modernisant quand c’est nécessaire”, insiste l’élu régional.

Pas opposés, mais pas emballés non plus ! Quand Manuel Valls soutient la LGV, Jean-Charles Kohlhaas ne peut s’empêcher de sourire. “Oui, un tunnel de plaine coûte moins cher en exploitation, mais il chiffre au niveau écologique”, déclare-t-il, avant de rappeler qu’il faudrait selon lui cinquante ans avant de pouvoir amortir le projet. “La grande question, c’est : que faire pour que ce soit économiquement rentable ?” insiste-t-il.

L’écotaxe remise au goût du jour

Au niveau économique, les écologistes parlent écotaxe et train à haut niveau de service (THNS). Jean-Charles Kohlhaas souligne deux enjeux : l’utilisation de l’argent public et le prix des poids lourds. “En France, on favorise le réseau routier, qui est donc plus rentable pour les entreprises. Les Suisses ont adopté une redevance sur le trafic poids lourds (RPLP), rendant le train avantageux”, explique-t-il. Chez EELV, un son de cloche résonne : instaurer une vraie taxe kilométrique sur la route.

En ce qui concerne une solution alternative, là encore, ils sont unanimes. “On lance un projet de train à haut niveau de service. Il est un peu moins rapide, mais relier Lyon à Turin ne prendrait que 30 minutes de plus qu’en TGV”, explique le conseiller régional. Les écologistes militent pour un train qui perdrait moins de temps à quai, accélérerait plus rapidement et desservirait plus de villes.

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