Idex : la fusion des universités compromise par un vote de Lyon 3

Le conseil d’administration de l’université Lyon 3 a voté hier contre la fusion des universités de Lyon et Saint-Étienne. L’obtention du label d’Initiatives d’Excellence, un programme octroyant une aide financière à la recherche de 30 millions d’euros, en est pour le moins compromise.

Par 18 voix contre 16, le conseil d’administration de l’université Jean Moulin (Lyon 3), a rejeté le projet de fusion des établissements lyonnais et stéphanois dans le cadre du programme d’Initiatives d’Excellence (IDEX). Ce refus formel confirme une position déjà évoquée par les dirigeants de Lyon 3 et Lyon 2, mais il compromet l’obtention du label IDEX.

Ce dernier doit doter les Communautés d’universités et établissements (COMUE) d’une enveloppe financière annuelle de 30 millions d’euros pour favoriser la recherche et leur rayonnement international. La fusion des universités et établissements concernés est une condition sine qua non pour l’obtention du label. Autrement dit, la COMUE de Lyon doit impérativement passer du stade de communauté à celui d’entité unique absorbant les quatre universités et les huit grandes écoles membres.

Des garanties indispensables à l’adhésion de Lyon 3

Jacques Comby, président de Lyon 3, n’a pas communiqué sur la décision d’hier. Mais il affirmait en septembre avoir besoin de “garanties sur la clarté stratégique et l’efficacité du futur ensemble (d’universités)”. En d’autres termes, s’il ne se prononçait pas radicalement contre le projet de fusion, il demandait des précisions concernant notamment la gestion du personnel, la gouvernance ou encore la sanctuarisation des sciences humaines et sociales. Une manière de protéger les domaines de prédilection et les intérêts financiers et stratégiques de son établissement.

Au vu du vote de ce début de semaine, il faut croire que les promoteurs du projet n’ont pas apporté les garanties demandées. À moins que le conseil d’administration n’ait décidé de se ranger du côté d’acteurs internes à l’université, inquiets des changements dans la gouvernance de leurs structures. En septembre, les membres du conseil de la faculté de droit exprimaient leurs réserves sur “l’opacité” et “l’absence de visibilité sur les établissements avec lesquels il nous est proposé de fusionner”.

La pression est également venue des syndicats étudiants qui voient dans cette fusion une perte d’identité de leurs universités. Alexis Camus, président du syndicat UNI-Lyon se réjouissait du résultat du vote et indiquait à l’AFP qu’"avec la fusion des universités, il y a la crainte de perdre l'identité morale et juridique de Lyon-III, qui a une histoire particulière et des projets pédagogiques différents de ceux de Lyon-I et Lyon-II". En septembre, le président de l’UNEF de Lyon 2 expliquait ses craintes d’un “abandon progressif des filières ‘moins rentables’ comme les sciences sociales et un soutien beaucoup plus important aux sciences dures”.

Fin septembre, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, était en visite à pour l’inauguration du nouveau site de l’université de Lyon. À cette occasion, elle se faisait le promoteur d’une “université intégrée” et constatait : “qu'il y a des réticences, mais la dynamique est enclenchée et c'est une dynamique extrêmement positive”. Pour l’heure, ce sont les réticences qui l’ont emporté sur la dynamique. Le prochain épisode de cette saga aura lieu le 25 novembre, avec le vote du conseil d’administration de Lyon 2.

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