Grand Stade : "Les mauvais résultats de l'OL nous arrangent"

Les opposants à la réalisation de l'OL Land à Décines s'en frottent les mains en flirtant avec la mauvaise foi. Philippe Meunier en tête.

Pendant que les supporters lyonnais pleuraient dans leur canapé en regardant le match Bordeaux-Lyon, les opposants au Grand Stade de l'OL souriaient et affinaient leurs nouveaux arguments. "A une époque, Jean-Michel Aulas s'est permis de porter des jugements de valeur sur la politique faite par des élus de la République. Alors je vais aujourd'hui me permettre de donner mon avis sur la gestion de l'OL de Jean-Michel Aulas. On se rend compte qu'il ne gère pas une équipe sportive mais un business plan. Il le paie désormais au niveau sportif", attaque bille en tête Philippe Meunier, député de la circonscription sur lequel doit s'implanter OL Land à Décines. La mauvaise passe que traverse le septuple champion de France déplace le combat jusque sur les terrains de football. "Aulas a vendu des joueurs mais avec l'argent de la vente il n'a jamais acheté de grands joueurs. Tout son projet était basé sur le maintien de son équipe au plus haut niveau. Là, le club est en fin de cycle. Il a lancé son projet trop tard", poursuit Philippe Meunier. "Il serait hypocrite de dire que les résultats actuels de l'OL ne nous arrangent pas. Le club est dans une mauvaise passe en ce moment, que ce soit sportivement ou en Bourse. Tous les feux sont au rouge pour Jean-Michel Aulas", lâche Franck Buronfosse, le président de Carton Rouge, l'association d'opposants à l'implantation de l'OL Land à Décines.

"Je suis surpris des propos de Philippe Meunier. On s'est rencontrés récemment et il m'a dit qu'il ne connaissait pas très bien la gestion d'un club de football. Je trouve que ces appréciations ne correspondent pas à la réalité. Sur les cinq dernières années, l'OL a acheté plus de joueurs qu'il n'en a vendus. L'écart est de 100 millions d'euros. L'OL reste le meilleur club français même si nous sommes troisième à cinq journées de la fin", nous a confié Jean-Michel Aulas.

Le président de l'OL reste d'ailleurs assez confiant sur l'avancée du dossier OL Land. Le prochain épisode du feuilleton se déroulera à l'Assemblée nationale. Jean-Michel Aulas s'y est préparé en rencontrant Bernard Laporte, secrétaire d'état aux Sports, Eric Woerth, Ministre du Budget, et Patrick Devedjian, Ministre de la Relance. Car les pro OL Land viennent de sortir une nouvelle carte de leur manche : la crise. "Les hommes politiques doivent trouver des solutions à la crise. Créer des emplois. La construction du Grand stade va en créer 3 000. Et je pense que les politiques ne peuvent que se féliciter de voir qu'un privé veut construire. C'est une aubaine pour les contribuables. Si les parlementaires votent contre, cela voudra dire qu'ils préfèrent que les pouvoirs publics financent ces travaux plutôt que des privés. Ce ne serait ni logique ni raisonnable", poursuit Jean-Michel Aulas. Un peu comme un député qui parle de football et un président de club sportif qui parle de politique.

Paul Terra

Article paru dans l'édition de mai de Lyon Capitale

Notre dossier complet sur le grand stade de l'OL en cliquant ici

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