Grand Stade : la très difficile cohabitation à venir entre trams et voitures

Avec l'hyper-fréquence de T3 pour desservir le Grand Stade, les trente routes adjacentes risquent la paralysie les soirs de matches. Les barrières au passages à niveau promettent alors de faire l'essuie-glace. Le collectif Carton rouge mène ce mardi soir un happening.

Ce mardi soir, l'association Carton rouge simule des tramways imaginaires. Ses adhérents s'emploient ainsi à reproduire l'hyper-fréquence des rames qui desserviront le Grand Stade de Décines et qui viendra perturber le trafic routier sur les routes adjacentes. Postés aux passages à niveau, des pourfendeurs d'OL Land bloquent la circulation. Objectif : montrer les difficultés à attendre aux carrefours des 30 axes routiers avec les voies ferrées. "On va assister à un doublement voire plus de la fréquence des trams sur certains tronçons", prévient Joël Dubos, vice-président de Darly.

Selon OL Groupe, 14.100 personnes iront au stade par tramway les soirs de grands matches. OL et Sytral estiment que ces supporters mettront deux heures à venir - certains dînant sur place - tandis qu'ils repartiront en une heure. Le défi pour les TCL est immense : exfiltrer 14.100 passagers quand un tram actuel ne contient que 200 voyageurs et que les rames nouvelle génération ne pourront en accueillir que 300. Et ce d'autant que la force actuelle du métro B à Gerland n'excède pas 12.000 voyageurs par heure, seuil limite de fonctionnement atteint une seule fois en dix ans. Les ingénieurs du Sytral sont donc tenus à des objectifs improbables.

Un tram toutes les 1'22 mn à l'Est

Mais la difficulté est tout aussi prégnante à l'aller, avant le coup de sifflet, quand la circulation automobile est plus importante, entre 18h et 21h. La fréquentation sur les voies est problématique. Nous avons réalisé notre propre décompte. Prenons la portion Grand-Stade-La Soie. Vingt trams vont alors circuler, dans les deux sens, pour acheminer les supporters au tram (1).

Problème : ces trams de supporters ne sont pas les seuls à emprunter les voies. Car les tram T3 et Rhônexpress continuent de fonctionner normalement. C'est ainsi que de 19h30 à 20h30 un samedi, 9 T3 et 12 Rhônexpress circulent dans les deux sens. Au final, à l'Ouest du Grand Stade, en direction de la Soie, 41 tramways passent dans les deux sens tandis qu'ils sont 44 rames à l'Est de l'équipement sportif, en direction de Meyzieu zone industrielle. Soit respectivement un tram toutes les 1'28 mn et un tram toutes les 1'22 mn.

Est-ce à dire que les barrières descendront aussi souvent ? Non. D'abord parce qu'il arrive que deux trams se croisent à un point donné, et dans ce cas, l'obstacle se baisse pour les deux rames. Ensuite, le Sytral planche sur des tramways qui se suivent. Selon Xavier Pierrot, responsable billetterie à OL Groupe, il faut compter 30 secondes de temps d'attente lors d'un passage de rame. Or la descente de la barrière mobilise à elle seule 25 secondes, tandis que la traversée du tram est presque éclair. On peut donc espérer grappiller quelques secondes en pariant sur une durée totale inférieure à 60 secondes. "On va bloquer la circulation nettement moins qu'un feu tricolore", en conclut le responsable de l'OL. Voire… D'autant qu'il suffit d'une seule voiture restée coincée sur le passage à niveau même quelques secondes pour faire sauter l'ensemble du système.

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(1) Lors de précédentes estimations, il était annoncé 28 trams par heure. Mais depuis, le Sytral planche sur de nouvelles rames de 300 personnes, qui entreront progressivement en fonctionnement. Par ailleurs, il faut bien comprendre que les rames circulent dans les deux sens, certaines repartant du stade presque à vide pour accueillir de nouveaux voyageurs au départ de la Part-Dieu ou de Meyzieu zone industrielle, les deux terminus.

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