violence

Gifles et fessées : des solutions pour éduquer ses enfants ?

Une nouvelle campagne choc contre les claques et les fessés circule sur Internet et suscite les premières réactions des internautes. Initiée par la Fondation de l'enfance, cette vidéo postée il y a quelques jours relance le débat sur les violences éducatives.

Une scène de vie quotidienne : une petite fille fait ses devoirs sous les regards attentifs de sa grand mère et de sa mère. Soudain, elle renverse maladroitement son verre de jus de fruits et suscite la colère incontrôlable de sa mère qui lui colle une gifle magistrale. Le visage de la grand-mère, qui a assisté à la scène, change immédiatement d'expression. La dame s'approche de sa fille, la prend dans ses bras et lui susurre : "Pardon". Le message de la vidéo ? Les parents qui battent ont souvent été des enfants battus.

Donner l'exemple aux enfants

Edwige Antier, députée UMP et célèbre pédiatre, avait déjà proposé une loi en 2009 demandant que l'interdiction de la fessée soit inscrite dans le Code civil. La France ne fait en effet pas partie des dix-huit Etats du Conseil d'Europe ayant interdit tout châtiment corporel sur les enfants. Arnaud Gruselle, directeur de la Fondation pour l'enfance, se dit clairement contre la gifle et la fessée comme méthodes éducatives. "Utiliser la violence sur les enfants ne sert à rien. Une claque n'est pas anodine, cela reste toujours une agression physique". Mais il nuance ses propos : "Il ne faut pas faire de généralités car nous ne sommes pas toujours dans des cas de maltraitance. Néanmoins, il faut faire attention. Bien souvent la violence commence par une simple gifle".

Pour Annick Aymard, pédiatre lyonnaise, les parents doivent être un exemple pour leurs enfants. "'Il me mord, je le mords. Beaucoup de mamans tiennent ce type de discours dans mon cabinet. La méthode œil pour œil, dent pour dent peut être très dangereuse. II ne faut pas faire ce que vous ne voulez pas que vos enfants fassent", la pédiatre le répète tous les jours aux parents.

"Une tapette n'a jamais tué personne"

Mais si du côté des associations la gifle et la fessée suscitent tout un tas de prises de positions morales, sur Internet, les réactions se font beaucoup plus critiques et virulentes. "Insolente, grossière et sans respect. Cela me fait bien rire quand je vois dans un magasin un petit qui hurle pour un paquet de bonbons avant que sa mère lui achète sans la moindre autorité", réagit un internaute sur Youtube. "Une tapette n'a jamais tué personne et ce n'est pas parce qu'on l'interdira qu'on ne l'appliquera pas", continue une autre en ironisant : "Johann van Beethoven (père de Ludwig van Beethoven) battait son fils... Au final, il en a fait un génie".

Thierry Vidor, directeur général des Familles de France rejette, lui, toute sorte d'amalgame entre "la violence et le petit geste éducatif sans conséquence". "La violence faite aux enfants est inacceptable mais attention à ne pas culpabiliser les parents. Il y a des violences morales beaucoup plus agressives qu'un acte physique. L'interdit est essentiel pour le développement de l'enfant", affirme-t-il. Aujourd'hui, selon la Fondation pour l'enfance, un parent sur deux a déjà donné une claque à un enfant de moins de deux ans et 67 % des Français avouent avoir pratiqué la fessée sur leurs enfants.

à lire également
Dessin © Isacile
Nombreux sont les élèves à considérer les maths comme leur bête noire. Ce phénomène apparaît généralement au collège, avec les débuts de l’abstraction. Pensant être nuls, ils se braquent. Les devoirs sont bâclés ou faits dans la douleur, les évaluations se transforment en cauchemar et les cours en corvée. Pourquoi les maths cristallisent-elles autant de sentiments négatifs ? Comment réconcilier son ado avec les maths ?
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut