Gens du voyage à Miribel : un risque pour l'eau des Lyonnais ?

Après que 110 caravanes se sont installées au Grand parc de Miribel-Jonage, la direction du site s'interroge sur des problématique de sécurité et de salubrité. Le lac servirait de zone de douche et de vaisselle, à quelques mètres seulement de la bouche de captage de la réserve d'eau potable du Grand Lyon.

Les responsables du Grand parc de Miribel-Jonage ne cachent pas leur inquiétude. Mardi 30 juillet, un groupe de gens du voyage s'est installé à proximité du principal plan d'eau. En tout ce sont 110 caravanes qui sont stationnées au niveau de la plage de la Baraka, collées à une aire de jeux pour enfants flambant-neuve inaugurée en mai dernier.

Le groupe d'évangélistes a profité d'un accès pompier pour accéder à cette zone strictement réservée aux piétons et cyclistes. Alors que 13 caravanes avaient réussi à pénétrer dans le secteur, les véhicules de la surveillance du parc, accompagnés de la police avaient contenu les autres véhicules en dehors.

Immédiatement alertés, les services de la préfecture auraient accordé une autorisation temporaire de 3 jours, selon la Segapal, organisme gestionnaire du parc. Mais c'est finalement à lundi 5 août qu'a été repoussée la date limite de leur présence. Pourtant à la Ségapal, on reste septique sur un départ en début de semaine prochaine. Alors déjà la direction se prépare. Si, une fois l'échéance atteinte, les caravanes sont toujours là, la direction du grand parc Miribel-Jonage engagera une procédure judiciaire et fera immédiatement intervenir un huissier.

Mais les démarches sont longues, et la direction du parc le sait bien. Début juin, 90 caravanes s'installaient devant l'entrée de la base de loisirs. Après avoir engagé des procédures d'exclusion, le groupe a finalement quitté son campement... la nuit dernière. Soit près de deux mois après leur arrivée et une semaine après que le tribunal a rendu son jugement.

Une atteinte aux réserves d'eau potable ?

Pour l'instant, Murielle Champion, directrice du service infrastructures au Grand parc Miribel-Jonage s'inquiète de la situation. Si elle précise qu'il n'y a pas un "mauvais relationnel" entre les gens du voyage et les usagers du parc, les conditions de sécurité liées à ce campement sauvage l'interrogent. En effet pour accéder à leur lieu de stationnement, les gens du voyage empruntent la piste cyclable, normalement fréquentée par des marcheurs, joggeurs et enfants à vélo.

Mais il y a un autre point qui inquiète plus particulièrement la directrice : l'absence de réseau d'eau. "La douche, la vaisselle, toutes ces activités se font dans le lac des Eaux bleues, à quelques mètres à peine de la zone de captage de l'eau " précise-t-elle. Or, cette eau captée constitue la réserve d'eau potable du Grand Lyon. "Si jamais la zone de captage principale du Grand Lyon à Crépieux-Charmy, venait à faire défaut, je ne suis pas certaine que le Grand Lyon pourrait se servir de sa réserve", argue la directrice qui espère qu'une solution se profilera très rapidement. Du côté des services de l'eau on tempère, rappelant que pour l'instant, le recours à cette réserve en eau potable n'est pas d'actualité.

Cet été, la fréquentation du Grand Parc Miribel-Jonage par les gens du voyage a été un peu plus importante que les autres années : 100 caravanes en mai, 90 autres en juin, et maintenant 110. Soit 300 véhicules depuis le début de la saison estivale. Et ce n'est pas fini. Déjà la direction du parc a eu vent du passage d'un très gros groupe de 250 caravanes qui pourrait faire escale en septembre.

Joint par Lyon Capitale, la préfecture de région affirme ne pas souhaiter communiquer sur ce sujet.

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