Formation : le scandale du financement des syndicats

Réunions grassement payées, formations fantômes, subventions non dépensées : les syndicats n’utilisent pas forcément les fonds collectés au titre de la formation professionnelle à des missions de formation. Fongecif, Fongefor, doubles casquettes, caisses noires et timidité des contrôles, Lyon Capitale a enquêté sur les différentes dérives liées à cette facette du financement des syndicats. Extraits du dossier à lire dans Lyon Capitale le mensuel d’avril 2010.

L’argent de la formation professionnelle est l’un des principaux contributeurs des budgets des syndicats. Le rapport de la commission d’enquête parlementaire menée par le député du Nouveau Centre Nicolas Perruchot, enterré en novembre dernier et finalement publié sur le site de nos confrères du Point.fr, n’épargne aucune organisation syndicale. Et fait l’effet d’une bombe. Medef, CGPME, UPA, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC ou CFDT, tous bénéficient de la manne financière liée à la formation professionnelle, qui représente 27 milliards d’euros par an (1,5 % du PIB).

D’après le rapport Perruchot, 66 millions d’euros seraient partagés entre les organisations d’employeurs et de salariés, au titre de la gestion de la formation professionnelle.
Si ces versements sont institués par la loi, le rapport pose la question de l’utilisation de ces fonds et pointe du doigt l’opacité dans le fléchage du côté des syndicats. Les dérives et les détournements sont également largement relayés.
Ce qui coince, ce sont ces ressources venant de la collecte des entreprises face aux faibles apports des adhérents. (…)

Frais liés au paritarisme : un gâteau de 37 millions d’euros

Exemple rhônalpin : en 2011, le Fongecif, chargé de redistribuer les fonds du congé individuel de formation, a collecté 68,7 millions d’euros et reversé 1,1 million aux syndicats. Lyon Capitale a interrogé Jean-Pierre Gilquin, vice-président (FO) du Fongecif Rhône-Alpes, sur l’utilisation de ces fonds. (…)

Des doubles casquettes qui facilitent les dérives

Historiquement, les organisations professionnelles ont été amenées à créer des centres de formation, qu’elles gèrent elles-mêmes. Mais des questions de déontologie se posent lorsque les responsables de centre de formation siègent dans les organismes qui collectent l’argent de la formation. (…)

Des “lanceurs d’alerte”, tel Jean-Luc Touly, ancien trésorier de la CGT et coauteur du livre L’Argent noir des syndicats, qui osent parler de détournements de fonds au profit des structures syndicales évoquent aussi, pour certains, le train de vie de leurs membres. (…)

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Cette enquête fait aussi le point sur

Trois affaires de financement douteux aujourd’hui devant la justice

> CE de la SNCF : 8 syndicats mis en examen (voir nos actualités Justice du 29 mars, sur l'ordonnance de renvoi en correctionnelle du juge d'instruction)

> Opcareg Ile-de-France : 20 millions d’euros de formations bidons

> CGPME : une campagne de pub de 872 000 euros détournée ?

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Une enquête à retrouver en intégralité dans Lyon Capitale le mensuel d’avril, en vente en kiosques et dans notre boutique en ligne.

1 commentaire
  1. nonmaiscepaspourdire - 13 avril 2012

    Je pense que le problème essentiel dans toutes ces magouilles dont les syndicats, les entreprises et les pouvoirs publics sont coupables est notre manque d'investissement. Faire nos 35 ou 40h ne suffit pas, il faut aussi défendre nos intérêts, risqué de perdre 1 ou plusieurs journées de salaire peut-être, ou alors on perdra tout...

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