LC 716 p. 22

Fonds qataris : l'avis des élus lyonnais

Les gouvernements français et qatari ont entrepris une grande opération médiatique afin de rassurer l’opinion publique sur l’affectation des fonds franco-qataris. Mais pour le moment aucun critère n’est défini. Et certains élus de l’agglomération lyonnaise commencent à s’inquiéter. Lyon Capitale publie leurs réactions dans le mensuel de novembre. Extraits.

“Le Qatar veut investir dans nos banlieues, sur nos territoires ? Très bien, acceptons cette offre, cette proposition, mais nous le ferons ensemble”, déclarait François Hollande le 20 septembre. Malgré les tentatives d’officiels qataris pour désamorcer la polémique, de nombreuses voix s’interrogent sur leurs motivations, alors que l’on attend toujours la définition des critères d’attribution des fonds. Des voix parfois contradictoires.

Motivations du Qatar

“Il n’y aura pas de critère ethnique dans l’attribution des fonds. Ce n’est pas les Arabes qui financent les Arabes, ça non !” défend Leïla Leghmara de l’Association nationale des élus locaux pour la diversité. (…) “Ce projet de financement est à destination de la communauté musulmane des banlieues. Il ne faut pas en douter (…)”, affirme en revanche Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes. “Le Qatar ne pratique pas de prosélytisme agressif, comme l’Arabie saoudite (…), indique Jean-Yves Moisseron, économiste à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et spécialiste du Maghreb. Ils souhaitent plus avoir des supports, gagner en sympathie.”

“On ne mord pas la main qui nous nourrit”

Dans l’agglomération lyonnaise, les élus, de l’UMP au PC, ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de ces capitaux de la péninsule arabique. Critères de sélection, souveraineté de l’État…, François-Noël Buffet (sénateur-maire d’Oullins) comme Bernard Genin (maire de Vaulx-en-Velin) et René Balme (maire de Grigny) s’inquiètent. Seul Yves Blein, le maire socialiste de Feyzin, est plus nuancé : “Ce financement ne m’inspire pas de difficultés particulières. Il serait malvenu de passer à côté, l’État français n’est pas dans une situation vraiment favorable !”

L’intégralité des réactions, les origines de ce fonds qatar, les autres investissements du Qatar en France (hôtellerie, industrie…) sont à retrouver dans Lyon Capitale n°716, en vente en kiosques jusqu’au 22 novembre, et dans notre boutique en ligne.

à lire également
Députés du Rhône à l'Assemblée nationale en 2017 © Tim Douet
Nicolas Hulot les a ciblés en démissionnant. Les lobbys tentent, à coups de millions d’euros, d’influer sur les lois. Ils ont su s’adapter aux avancées de la transparence dans les zones grises où ils s’épanouissaient. Les cadeaux ou avantages en nature ont cédé la place aux “éléments de langage”. L’efficacité n’en a que peu pâti. Surtout que les députés s’accommodent bien de leur présence. Les ennemis des lobbys dénoncent une “captation du débat démocratique”. Lyon Capitale s’est penché sur le rapport de nos députés à ces groupes de pression aux moyens colossaux.
3 commentaires
  1. Martin de Givors - 3 novembre 2012

    Que l'émir du QATAR,dont le soutien aux Frères musulmans irrite la communauté internationale,puisse se substituer aux obligations de l'état français dans une partie sensible de notre territoire a une dimension proprement ahurissante d'abandon de souveraineté.Qui va nous faire croire que les investissements du QATAR sont désintéressés,quelles sont les contre-parties? Quel type d'intervention de la part du QATAR?...Quand nous connaissons son rôle en Libye,Tunisie, Egypte ou Syrie,on reste pantois et interdit.Alors que l'on nous parle des méfaits des salafistes,l'on va introduire le renard dans le poulailler?... Décidément, avec l’état qui abdique, tout est à vendre même nos banlieues et à qui? Tout projet de coopération avec le QATAR devrait faire l’objet d’un débat préalable au Parlement, en particulier celui portant la création d'un fonds de dix milliards d'euros pour ’’renforcer les investissements du Qatar dans les sociétés françaises’’... COLLOMB et AULAS pourront faire la manche.

  2. Gérard Eloi - 5 novembre 2012

    L'émir du Qatar a déjà acheté le PSG, et aussi une coupe du monde ! Mais il n'achètera que la moitié (environ) de la Communauté européenne : l'autre moitié est déjà vendue à la Chine.Avec cette mondialisation, nous finirons par compter les coups, comme des hussards perchés sur un toit posé par Giono, entre une armée chinoise et une gendarmerie qatare...Le monde évolue...A moins que ce soit plutôt régression ? Bonne galère...

  3. nonmaiscepaspourdire - 6 novembre 2012

    G.Collomb distribue des aides a destination de pays du Maghreb et les Qataris eux, financent nos banlieues voire plus précisément les musulmans. La France part en guerre en Libye pour mettre des religieux pur et dur au pouvoir et les qataris achètent le PSG. Encore un exemple de gestion intelligente et qui ne comporte aucun risque pour la France bien sur.

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux

Nos BD
Faire défiler vers le haut