FICHAGE : LA POLICE MUNICIPALE FICHE-T-ELLE SES JEUNES ?

Dans son édition du 9 mai, le Canard Enchaîné rend publique un document sur les "squatts et regroupements"* des jeunes de Saint-Fons. On apprend que les jeunes de cette ville du couloir de la chimie sont suivis à la trace, jusque dans les lieux où ils se retrouvent, square ou boulodrome. A chaque fois, on peut lire en face de la localisation, les informations biographiques correspondant aux jeunes Youssef, Sohaib, Romain, Moussa et consorts. Premier problème : la mairie n'a pas saisi la CNIL**, pour demander son autorisation de constituer ce qui ressemble à un fichier de 80 noms. Très remonté contre le Canard, Le maire (divers droite), Michel Denis, refuse de reconnaître l'existence d'un "fichier". Il parle "d'une synthèse des mains courantes liées aux infractions". "L'objectif d'un tel document était de repérer les jeunes en difficulté pour mettre en place des actions de prévention afin d'éviter leur présence dans la rue à 3 heures du matin". Il poursuit : "ce genre d'article de presse risque de foutre le feu à notre commune alors qu'on a accompli un travail énorme pour faire baisser de 32 % la délinquance". Second problème : la tenue d'un tel document nécessite de connaître l'identité des jeunes et donc, pour se faire, de les contrôler. Or les policiers municipaux ne sont pas habilités à procéder à ce genre de contrôles. "On procède à des vérifications", se défend Michel Denis.

Dans un communiqué, la Ligue des droits de l'homme a "manifesté sa vive protestation. (...) Non seulement les policiers municipaux ont outre passé les pouvoirs qui leur sont conférés, mais encore l'ont fait de façon ouvertement xénophobe". Pour faire taire ces accusations, le maire dit ne plus se servir du document et s'être séparé de certains mauvais éléments de sa police.

Malgré tout, cette agitation autour du fichier de Saint-Fons vient alimenter la polémique sur les policiers municipaux, accusés de se prendre pour des agent de la police national, alors qu'ils n'en sont que les supplétifs.

Laurent Burlet

*Intitulé exact du document
**Commission National Informatique et Liberté

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