Jean-François Carenco © tim douet_0067
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Expulsions locatives : le préfet en a "marre des mensonges"

Alors que le préfet détaillait le bilan du plan froid, jeudi 3 avril, une manifestation contre les expulsions locatives se tenait devant l'Hôtel du Département. À ce sujet, Jean-François Carenco a voulu se montrer ferme.

''Je n'admets pas qu'on me donne des leçons de générosité !'' Jean-François Carenco, préfet de la région Rhône-Alpes, voulait mettre les points sur les i, hier, à l'Hôtel du Département. Depuis la fin de la trêve hivernale, le 31 mars dernier, les expulsions locatives ont en effet repris dans le Rhône comme dans toute la France. Expulsions dénoncées par de nombreuses associations, qui menacent de saisir la justice.

''Toutes ces expulsions sont ordonnées par la justice, on applique strictement la procédure'' réagit-il, avant de détailler ladite procédure. Entre les enquêtes sociales et les réorientations vers des structures de prise en charge, les expulsions locatives individuelles seraient minimes dans le Rhône. ''10 à 15 % des demandes de concours de la force publique sont honorées'' relativise Jean-François Carenco. ''Dans le Rhône, en 2013, cela a concerné 226 logements. Donc y'en a marre des mensonges ! (…) Ceux qui sont mis dehors, à mon avis, méritent d'aller dehors.'' Pour le préfet, seuls ''les fraudeurs'' seraient effectivement expulsés de la sorte, soutenus par des associations ''d'une extrême mauvaise foi''.

La Confédération nationale du logement ne l'entend pas de cette oreille. Une trentaine de militants manifestaient, hier après-midi, devant la préfecture. ''Les familles expulsées tombent dans la spirale de l'exclusion sociétale alors que des mesures justes pourraient être prises pour les aider'' estiment-ils. Des mesures clairement détaillées : ''la création d'un fonds des impayés, alimenté par les bailleurs et une partie des intérêts des dépôts de garantie'' ainsi que la mise en place d'un ''moratoire sur les expulsions et la prolongation de la trêve hivernale.''

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