Et pourquoi pas un tram en Presqu'Ile ?

Un raccordement ferroviaire Saint-Paul/Part-Dieu apparaît plus ambitieux. Mais il suppose la traversée de la Presqu'Ile et la piétonisation de la rue Grenette.

Métro A et D, T2 et Lea : alors que l'Est se dotait de transports publics performants, l'Ouest passait toujours son tour. Il est vrai que la riche périphérie pavillonnaire, plus étale, pas suffisamment dense, se prête difficilement au transport en commun. Une solution a cependant été toute trouvée par la région : utiliser les voies ferroviaires existantes en y faisant circuler des trams. Ils fonctionneront à partir de la gare de St-Paul vers Gorge de Loup puis Tassin. Direction L'Arbresle en 2011, Brignais en 2013, Lozanne en 2014. Avantage : une rame de tram coûte trois fois moins cher qu'un train, aussi serait-il possible d'en faire circuler toutes les huit minutes entre Saint-Paul et Ecully aux heures de pointe.

Compétitif... mais insuffisant.
Peu d'habitants de l'ouest lyonnais travaillent en effet dans le Vieux-Lyon. Et la vocation évidente du tram-train est de couvrir les zones périphériques et de pénétrer au cœur des agglomérations, sans correspondance, conformément à la vision d'un RER à la Lyonnaise chère à Gérard Collomb. Faire en somme un Lea de l'Ouest lyonnais.

Un projet a été étudié par le cabinet franco-allemand TTK. Parmi les pistes dégagées, les élus se sont vu proposer de prolonger la voie ferrée au-delà de la gare Saint-Paul jusqu'à la rue Servient (voir carte) : les rames de l'ouest poursuivraient ainsi sur les voies de T1 jusqu'à la Part-Dieu, offrant une connexion vers l'Est. Un nouvel axe traversant serait ainsi affirmé, soulageant la ligne D du métro (Vaise-Vénissieux) qui souffre de saturation.

En surface, ce tram coûterait peu cher, nécessitant la construction de seulement deux kilomètres de voies et exigeant de redimensionner le pont Maréchal Juin qui enjambe la Saône. Prix de l'opération : 50 à 60 millions d'euros selon TTK. A titre de comparaison, le prolongement du métro B jusqu'à Oullins, opérationnel fin 2013, coûtera 194 millions d'euros. Mais un obstacle de taille se dresse : la traversée de la Presqu'Ile. Le tram bloquerait en effet la circulation rue Grenette. Une décision sensible. "C'est une voie de transit indispensable pour aller de la rive droite de la Saône à la rive gauche du Rhône", argumente Jean-Louis Touraine, 1er adjoint en charge des déplacements. La ville et le Sytral ont d'autres priorités, comme le prolongement du métro jusqu'à Oullins, et celui de T1 et T2 vers Debourg et Eurexpo.

" Les élus n'ont pas encore pris la mesure de l'intérêt collectif de cette liaison. Mais il faut expliquer, avec patience, les opinions évoluent", commente Marc Perez, directeur France de TTK. Sans inscrire ce dossier dans son plan de mandat, la municipalité estime que cette ligne devrait passer en souterrain, sous l'hôtel de ville. "Ce serait beaucoup plus coûteux", réagit Marc Perez. Les sous-sols des Terreaux sont en effet aussi fréquentés que la rue de la Ré' un samedi de soldes : métro A en R-1, funiculaire en dessous, vestiges archéologiques et parkings de part et d'autre de la mairie. Sans parler des nappes d'eau et de la traversée de la Saône... Une telle alternative reviendrait tout bonnement à enterrer le tram. Pour plusieurs décennies.

H. D. S

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