En appel, un “casseur” prend un an de prison ferme

Article actualisé le 13 janvier à 13h49

Trois nouvelles personnes arrêtées durant les épisodes de violence du mois d’octobre comparaissaient, ce jeudi 6 janvier, devant la cour d’appel de Lyon. Pour la 8e audience, un premier arrêt est tombé. Il donne le ton : un an de prison ferme contre quatre mois en première instance.

Ce jeudi, se poursuivait la série de 19 procès en appel de personnes interpellées lors des six jours “émeutiers” qu’a connu le centre-ville en octobre. 19 personnes, essentiellement condamnées à de la prison avec sursis et pour lesquelles le parquet de Lyon a fait appel des décisions de première instance, espérant une sanction plus sévère. Chamirdin est le 14e jeune du mois d’octobre à passer devant la 4e chambre correctionnelle cour d'appel de Lyon. Le cas de ce Vaudais de 21 ans est semblable, à quelques détails près, à ceux de nombreux autres jeunes jugés pour des jets de pierres contre les forces de l’ordre.

Les faits remontent au jeudi 21 octobre. Chamirdin est sur la place Bellecour bouclée par les forces anti-émeute. Pris dans ce que certains qualifient de “garde-à-vue à ciel ouvert", il ne peut pas sortir. Il a faim, il perd patience et comme d'autres, il lance une pierre en direction des forces de l'ordre. Arrêté, il refuse la comparution immédiate et est placé en détention provisoire. Son procès a lieu le 18 novembre. Le procureur réclame un an de prison ferme en raison de son casier judiciaire sur lequel figure plusieurs heures de travaux d'intérêt général pour dégradations et vols. Le juge opte finalement pour quatre mois de prison, sans sursis. Le parquet a fait appel.

Les premiers pas du juge Burkel

Pour son procès en appel, Chamirdin a devant lui une nouvelle composition de la 4e chambre correctionnel. Le président Jean-Paul Taillebot a cédé sa place à Gérard Burkel. "Il est encore pire que le juge Taillebot", entend-on comme bruit de couloir. Jean-Paul Taillebot qui était déjà réputé pour ses jugements répressifs. Après l'énonciation des faits, le juge Burkel, donne la parole au prévenu. Celui-ci parle d'une "ambiance" qui l'aurait poussé à faire comme les autres, et jeter cette pierre. Le juge ne comprend alors pas de quelle ambiance parle le jeune homme. L’assistance est composée principalement de membres de collectifs de “soutien aux inculpés” (comme le Collectif du 21 octobre et la Caisse de solidarité) car d’autres jeunes arrêtés en octobre doivent comparaître dans l'après-midi.

L’avocat général réclame un an de prison ferme, comme en première instance, pour le jeune homme. Après un court délibéré, le juge suit cette réclamation. Chamirdin payera cher son jet de pierre. Pour son avocat, Bruno Donney, cette peine "était prévisible au vu de la sévérité de la cour d'appel de Lyon". Mais il se dit plus choqué encore par un autre verdict rendu au même moment. Celui concernant Abdel-Kamel. Accusé en première instance d'extorsion de fonds et violence, il a été condamné à 18 mois de prison ferme.

La cour d'appel requalifie l'accusation et admet que ce n'est qu'une tentative d'extorsion de fond. Pourtant, le juge condamne Abdel-Kamel à 4 ans de prison ferme et 200 euros d'amende. En sortant, il lance alors un coup de pied dans la porte par laquelle les policiers le faisaient sortir du box des accusés.Le juge le rattrape entre deux couloirs et lui donne alors une amende de 1 000 euros supplémentaires. Au même moment dans la salle, l'indignation gagne le public alors que les verdicts sont énoncés. Certains sont allés jusqu'à crier "mort au juge", en quittant la salle. Le président de la cour fait suspendre l'audience. Deux autres jeunes hommes ont comparu libres pour, encore, des jets de pierres le 19 et 20 octobre. Les arrêts seront rendus le 17 février.

A l'audience suivante, le 11 janvier, Un nouveau jeune accusé d'avoir jeté, place Bellecour, une canette sur des CRS a pris un an de prison ferme, contre trois mois en première instance.

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1 commentaire
  1. bruno - 10 janvier 2011

    Appel à mobi­li­sa­tion de sou­tien contre la répres­sion et les procès poli­ti­quesLe mou­ve­ment contre la réforme des retrai­tes a pris à Lyon, à la fin du mois d’octo­bre, une ampleur sans pré­cé­dent, entre blo­cage économique des gré­vis­tes et mani­fes­ta­tions lycéen­nes. Face à ce phé­no­mène, aux liens se tis­sant entre les dif­fé­rents acteurs/actri­ces de cette lutte et aux des­truc­tions maté­riel­les qu’occa­sion­nè­rent les mani­fes­ta­tions en centre ville (les fameux « cas­seurs » des jour­naux télé­vi­sés), la pré­fec­ture et l’État ont répondu avec un déploie­ment poli­cier iné­galé : 800 CRS et gardes mobi­les, BAC, blin­dés de la police avec lance à eau, héli­co­ptère, GIPN, etc..La répres­sion a été orches­trée poli­ti­que­ment dans le but de stop­per net le mou­ve­ment. La meilleure preuve de cette évolution reste l’enfer­me­ment le jeudi 21 octo­bre, pen­dant plu­sieurs heures, de plus de 600 per­son­nes sur la place Bellecour, trans­for­mée en prison à ciel ouvert, où pleu­vaient lacry­mos et lance à eau, sans pos­si­bi­lité de répit ou de sortie.Le bilan de cette répres­sion a de quoi faire peur : plus de 300 arres­ta­tions en moins de deux semai­nes et des dizai­nes de bles­sé‑e-s. Depuis, les condam­na­tions pleu­vent : prison pour beau­coup, dom­ma­ges et inté­rêts pour les poli­ciers, amen­des, etc…D’autres procès poli­ti­ques sont en cours ! Le mardi 18 jan­vier 2011 trois com­pa­gnons liber­tai­res et anti­fas­cis­tes, pour­sui­vis pour avoir voulu sou­te­nir les piquets de grève alors qu’une mani­fes­ta­tion fas­ciste mena­çait les gré­vis­tes. Ils pas­se­ront en procès au Tribunal de Grand Instance de Lyon. Poursuivis sous le pré­texte fal­la­cieux d’« attrou­pe­ment armé », c’est pour avoir fait preuve de soli­da­rité avec les gré­vis­tes que la jus­tice veut les condam­ner.Contre cette répres­sion notre arme est la soli­da­rité face à la machine judi­ciaire. Soutenir les nom­breux inculpé-e-s par notre pré­sence lors des procès ou par notre sou­tien finan­cier, et conti­nuer à dif­fu­ser l’infor­ma­tion sur ce qui s’est réel­le­ment passé à Lyon, loin des cari­ca­tu­res média­ti­ques de la presse bour­geoise. Mais aussi pour­sui­vre la lutte, au-delà de la simple réforme des retrai­tes, sous les nom­breu­ses formes que celle-ci pren­dra pas la suite, prou­ver que nos luttes ne peu­vent être abat­tues par la répres­sion poli­cière et judi­ciaire.La soli­da­rité et l’infor­ma­tion sont des armes, nos armes ! Abandon des pour­sui­tes pour tou-te-s les inculpé-e-s !- Manifestation contre la répres­sion Samedi 15 jan­vier 14h00 Départ place des Terreaux- Rassemblement devant le TGI mardi 18 jan­vier 14h00 (Point de rendez-vous à 13h30 pour celles et ceux qui sou­hai­tent les sou­te­nir à l’inté­rieur)Premiers signataires : CGA-Lyon, UD CNT 69, Les Voraces, OCL, MRAP, UPC, FSE, JCML69, ROCML69, UEC, MJCF.

  2. glofs69 - 11 janvier 2011

    quand les casseurs auront cramé ta caisse tu réagiras peut être autrement ou alors tu en faisait partis vas savoir

  3. bruno - 11 janvier 2011

    c'est sûr qu'un gamin qui prend de la prison ferme pour avoir foutu le feu à un poubelle pendant que les crapules financières échappent à toute condamnation, c'est une justice efficace et juste... Et maintenir 600 personnes sur une place pendant plusieurs heures en les tirant au flash ball, au lacrymo et au canon à eau, occasionnant de nombreux blessés, sans possibilité de sortie, c'est probablement constitutionnel....Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

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