Dessin illustrant le thème de l’apprentissage des excuses © Isacile
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Éducation : Faut-il apprendre à son enfant à s’excuser ?

“Dis pardon”, “Excuse-toi”… Derrière ces expressions, se cache bien plus que de simples formules de politesse. Pour preuve, certains adultes ont encore du mal à exprimer leurs regrets, à dire “je suis désolé”… Apprendre aux enfants à s’excuser fait donc bien partie du rôle éducatif des parents. Mais pas n’importe comment, ni à n’importe quel prix.

S’excuser n’est pas un acte anodin. Cela suppose de reconnaître ses torts, ou du moins sa part de tort, d’être conscient des conséquences que ses actes ont pu avoir sur l’autre, d’assumer ses responsabilités. Pas si simple quand on est enfant, donc en proie à toute sorte d’émotions pas facilement maîtrisables. Spontanément, un enfant de 3 ans ne peut pas comprendre la signification de “s’excuser” si on ne le lui explique pas. Pour autant, il prend très vite conscience que certains de ses actes peuvent déclencher des sentiments négatifs dans son entourage. En découvrant cela, il développe peu à peu son empathie. C’est ce qui lui permettra de pouvoir un jour s’excuser sincèrement, autrement dit en sachant que son action a eu un effet sur son camarade, son frère, sa sœur, son parent… même si telle n’était pas son intention.

Apprendre à son enfant le sens des excuses

“Pour amener son enfant à réaliser l’impact de ce qu’il a fait sur l’autre, le parent peut utiliser des formules toutes simples, du style : “J’ai l’impression que ton frère a mal !” (ou “de la peine”, ou “est en colère”…), recommande Charlotte Ducharme, fondatrice du site de coaching parental Coolparentsmakehappykids. Il ne s’agit pas de le faire culpabiliser, plutôt d’être dans l’empathie. Si le parent se fâche à chaque fois que son enfant fait une bêtise, il le met dans une case, ce qui lui donne peu de possibilité de “réparer”. Avec en prime le risque de victimiser l’autre enfant, ce qui ne l’incite pas à se défendre.” “Je pense que savoir demander pardon est important, dit Justine, 12 ans. C’est reconnaître ce qu’on a fait de pas bien, c’est dire qu’on ne le refera plus. Ça calme le conflit. Je n’ai pas de mal à m’excuser, car après je me sens mieux.” Forcer un enfant à demander pardon sans qu’il mette du sens dessus ne sert à rien, c’est même contreproductif. Un enfant à qui l’on apprend à dire pardon juste pour être poli, d’une manière automatique, sans l’aider à discerner l’effet de ses paroles ou de ses gestes, risque de devenir plus tard un adulte qui s’excuse sans être vraiment convaincu, simplement pour se débarrasser, se dédouaner. Ces excuses-là sonnent faux et ne permettent pas d’améliorer la situation. Par ailleurs, un enfant forcé de s’excuser sans en saisir le sens peut se sentir humilié et en garder du ressentiment. S’excuser deviendra pour lui un aveu de faiblesse. “Alors qu’en réalité dire pardon est une force, cela veut dire qu’on est capable de reconnaître sa part de responsabilité, souligne Charlotte Ducharme. D’ailleurs, lorsqu’on manque de confiance en soi, dire pardon est beaucoup plus difficile. C’est comme si on reconnaissait qu’on est nul.”

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© Guillaume Long 2019
Il est partout : à l’école, dans les activités extra-scolaires, dans la fratrie… S’invitant quasiment dès le berceau, l’esprit de compétition s’intensifie et reste présent tout au long de la vie. Quoi d’étonnant dans une société qui valorise largement les premiers, les plus rapides, les plus forts ! Alors, faut-il donner à son enfant l’envie de se hisser au rang des meilleurs, au risque de favoriser chez lui un certain individualisme, ou le voir rester sur le banc de touche ?

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