Occupation de l’école Marc Bloch, Lyon 7

Écoles occupées : fermetures imminentes, où vont aller les familles ?

Occupées dès cet hiver pour accueillir leurs élèves à la rue, les écoles ont de nouveau été investies à la fin du dispositif hivernal. Alors que les écoles vont fermer pour les vacances d'été, de nombreuses familles restent sans solution d’hébergement.

Sous le vieux porche en pierre de l’école Robert Doisneau, dans le 1er arrondissement de Lyon, une flopée d’enfants sort en courant. C’est la fin de l’école et ils sont pressés de retrouver leurs parents et leurs jouets. Parmi eux, cependant, Mimoza, 11 ans, Medina, 7 ans et Daniel, 3 ans ne rentreront pas à la maison ce soir. Fuyant l’Albanie, ils dorment depuis cet hiver avec leurs parents dans leur école, accompagnés par les enseignants et les autres parents d’élèves. Mais dans une semaine, l’école devra fermer pour les vacances d’été.

Des enfants qui dorment dehors

En novembre dernier, les enseignants interpellent les parents d’élèves de l’école sur la situation de certains enfants qui vivent dehors, sous des tentes. « On s’est mobilisés quand nos enfants nous ont dit que leurs copains de classe dormaient dans le jardin des Chartreux », se souvient Isabelle dont le fils est scolarisé dans la même école. Rapidement, un collectif se crée et l’école est occupée la nuit par les enseignants et les parents d'élèves, malgré la pression des pouvoirs publics. « La police nous empêchait de rentrer, on tournait entre plusieurs écoles pour savoir là où il n’y avait pas de policiers », raconte-t-elle. « On avait des pressions de notre hiérarchie aussi, tous les soirs l’inspecteur venait relever les noms des enseignants présents », renchérit Nolwenn, l’enseignante de Mimoza. Le dispositif hivernal est alors finalement mis en place et les familles sont hébergées dans un gymnase. Mais le 14 mai, elles sont soudainement remises à la rue. « C’était la panique », se rappellent les enseignants. Ils décident alors de réinvestir l’école dès le lendemain pour accueillir Mimoza, Medina, Daniel et leurs parents.

Retour à la rue cet été ?

Maintenant que les pressions ont disparu, le quotidien à l’école est plus apaisé. La nuit, les gros tapis de la salle de lutte se transforment en lits et la petite cuisine des enseignants en salon-salle à manger. Quant aux femmes de ménage, elles font mine de ne pas remarquer que leurs douches sont utilisées. « Le soir on prend l’apéritif dehors », n’oublie pas de mentionner Mimoza avec fierté. « On a le soutien des commerçants du quartier, ils nous donnent leurs invendus, sourit Matthieu, enseignant pour les élèves allophones. On a même eu droit à des gâteaux pour fêter les papiers ! » En effet, la famille a été régularisée par la préfecture et est désormais en attente d’un titre de séjour. Pour leur assurer un hébergement même le week-end, les enseignants ont réussi à leur payer un hôtel avec les fonds récoltés grâce à une cagnotte en ligne. Une ombre au tableau cependant : aucune solution d’hébergement ne semble se profiler, et avec la fermeture de l’école pour les vacances d’été, c’est un retour à la rue qui attend la famille. «  C’est l’angoisse de la fin de l’année », résume Nolwenn. Mercredi dernier, la mère des enfants, Sanié, a pu bénéficier de dix nuits d’hôtel avec ses enfants en raison de sa grossesse avancée. Mais pas de place pour le père. « Comment je fais si je dois aller à l’hôpital ? » s’inquiète la jeune femme. Ce matin, elle a d’ailleurs fait un malaise sur le trajet d’une heure qu’elle doit effectuer tous les jours pour emmener ses enfants à l’école. « Si on les remet à la rue, c’est tout perdu, toutes les démarches qu’on a faites », déplorent enseignants et parents d’élèves. Une situation angoissante qui est loin d’être un cas isolé sur Lyon, où de nombreuses écoles restent occupées comme Gilbert Dru, dans le 3e arrondissement, ou Ernest Renan, à Villeurbanne. Depuis mardi dernier, c’est au tour de l’école Marc Bloch, dans le 7e, d’être occupée pour héberger une mère seule et ses enfants expulsés du foyer de la Sarra.

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