Dieudonné : les associations demandent des poursuites

Je suis supposé être un gangster de l'histoire !" Le négationniste Robert Faurisson, qui a enseigné la littérature à l'Université Lyon 2, n'en est pas revenu. A 80 ans, celui qui nie toujours l'existence de la Shoah, est monté vendredi soir sur la scène du Zénith de Paris pour embrasser Dieudonné et recevoir de ses mains "un prix de l'infréquentabilité et de l'insolence". Jean-Marie Le Pen et sa famille faisaient partie de l'assistance. "Je ne suis pas d'accord avec toutes ses thèses" a expliqué Dieudonné au Journal du Dimanche. "Il nie par exemple la traite des esclaves organisée depuis l'île de Gorée, au large de Dakar. Mais pour moi, c'est la liberté d'expression qui compte". L'humoriste ajoute qu'il s'est livré à "une performance humoristique, de l'art contemporain". Toujours d'après le JDD, il a ensuite assumé cette provocation devant des amis, expliquant : "Les journalistes ne viennent plus voir mes spectacles, ils ne réagissent que lorsque je fais scandale. (...) J'ai raconté que Le Pen était le parrain de ma fille ; ce n'est pas vrai mais l'audience que cette information m'a donnée m'aurait coûté plusieurs millions de publicité sur TF1 ou France 2".
De ce point de vue, Dieudonné a une nouvelle fois réussi à se faire de la publicité. Elle pourrait cependant lui coûter cher. Les associations de défense des droits de l'homme n'entendent en effet pas en rester là. "Nous avons fait une démarche auprès du parquet de Paris pour qu'il lance lui-même des poursuites. S'il ne poursuit pas, nous le feront ! Mais s'il ne poursuit pas là... Cela ne heurte pas que les associations, cela heurte la conscience nationale et c'est un trouble manifeste à l'ordre public" défend Alain Jakubowicz, avocat notamment de la Licra et de l'Union des Etudiants Juifs de France. Ce dernier connaît bien Dieudonné pour avoir déjà engagé des poursuites contre lui suite à un entretien paru dans Lyon Capitale. Il ne se fait plus d'illusions sur le personnage depuis longtemps : "Dieudonné est devenu un leader d'extrême-droite et un leader négationniste. Ses liens avec la mouvance raciste, antisémite et négationniste sont avérés." Jakubowicz rappelle le parcours du "père du négationnisme en France", Paul Rassinier : venu de l'extrême-gauche, son antisémitisme l'a finalement mené au négationnisme et à l'extrême-droite : "On sait depuis toujours que les extrêmes se rejoignent sur ces questions" conclut l'avocat.

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