Boutique de cannabis « light » – crédit: Gwendoline Troyano

Dans les coulisses d'une boutique de cannabis "light" de Lyon

Depuis samedi 16 juin, un magasin vendant du cannabis « light » a ouvert ses portes au 285 cours Lafayette à Lyon. Il porte l’enseigne Natural Collector et la notion même de cannabis light déplaît au gérant de la boutique.

Au 285 Cours Lafayette, dans le 6e arrondissement de Lyon, Natural Collector a une vitrine plutôt sobre et épurée. Ludovic, gérant du magasin, nous présente tous les produits comportant du cannabis dit light de son magasin ouvert le samedi 16 juin.  Cette boutique a la particularité de proposer du cannibidiol, dit le CBD, un des cannabinoïdes actifs du cannabis qui n’a pas de propriété psychoactive, sous la forme de produits alimentaires, cosmétiques et pour vaporisation. C'est l'un des premiers magasins de chanvre à ouvrir légalement sur Lyon : on y découvre des bières d’origine française, de semences biologiques florales et pour le potage et de l’alternative food constituée d’insectes à croquer ou à tartiner comme une tapenade « avec un goût de noisette ». « Actuellement, il est interdit de faire pousser les graines de chanvre, ce sont juste des semences de collection pour conserver les espèces. Il n’y a pas d’OGM, mais juste des croisements entre les espèces », insiste le propriétaire de Natural Collector. Les marques sont surtout espagnoles et hollandaises, pays où la consommation de cannabis est autorisée.

« Le cannabis « light » est un terme épouvantail »

« Quand on parle de CBD, ça crée de buzz surtout, mais ici je ne vends pas de recette miracle, mais du CBD qui permet juste de créer une zone de confort pour le consommateur. On ne peut pas vendre des produits contenant plus de 0,2 % de THC » ; souffle-t-il. Le THC, dit Tétrahydrocannabinol, est le cannabinoïde le plus présent et le plus abondant dans la plante de cannabis et il est psychoactif, le CBD peut atténuer ses effets. Pas de bang, de feuilles vendus mais des cristaux, des extraits de fleurs et des huiles essentielles sont présentés à des prix élevés, entre 35 et 70 euros, « mais c’est de bonne qualité. Les cristaux peuvent être rajoutés aux crèmes cosmétiques proposées. Les fleurs et les huiles essentielles sont utilisées via les vaporisateurs. Je déconseille fortement les acheteurs de faire bruler ces produits car cela est nocif. D’ailleurs, les clients sont surtout de la tranche d’âge des 35-45 ans », précise Ludovic.

Lorsque les mots « cannabis light  » sont prononcé, le gérant grince des dents : « Le cannabis light est un terme épouvantail, pourtant ici il n’y a que des produits contenant des extraits de chanvre. Juste pour le bien-être des personnes qui souhaitent atténuer la douleur d’une maladie particulière. Aux États-Unis, il est autorisé de vendre des produits de CBD contenant un faible taux de THC pour ouvrir l’appétit de patients subissant une chimiothérapie. Le cannabis n’est aussi diabolique qu’il n’en a l’air. Si des points de vente contrôlés par l’État existaient en France, il n’y aurait plus de mauvaise consommation de cannabis par des jeunes de 15 ans. La consommation de THC par des jeunes de 20-25 ans est sans effet sur la mémoire psychotique ». Ce défenseur de la dépénalisation du cannabis perçoit très bien le caractère controversé de cette plante, « je suis contre le marché noir », conclut-il. Récemment, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré vouloir fermer les coffee shops, des magasins proposant des dérivés de cannabis.

Lyon : du cannabis “light” en vente légale d'ici deux mois

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