Convoyeurs en grève : dans l'impasse, Loomis sort son plan B

La réunion de ce mardi 6 août entre les délégués de Loomis Lyon, l’inspection du travail et le Préfet Carenco a eu son petit effet. Si, après 12 jours de grève, les 70 salariés réclament toujours leurs primes de mobilité, ce mercredi, Loomis a sorti son plan B. Dernière proposition en date : l'annulation pure et simple du déménagement prévu, et donc des primes. De quoi faire monter la tension avec les convoyeurs, qu'elle doit rencontrer de nouveau ce vendredi.

Ce mardi, la direction régionale de Loomis a été sommée par le Préfet du Rhône, Jean-François Carenco, de reprendre les négociations avec ses 70 convoyeurs. Pour rappel, ils réclament le versement d’une prime de mobilité, Loomis ayant émis en 2009 la volonté de déménager. Mais mercredi midi, au centre fort actuel, rue Massimi (Lyon 7e), la dernière proposition de la direction a échauffé les esprits encore un peu plus.

Rue du Vivier ou Massimi ? Des travaux à engager dans les deux cas

"Ils nous ont dit d’emblée qu’il ne voulait plus déménager rue du Vivier (Lyon 7e) et que, quoi qu’il arrive, nous n’aurions ni nos primes ni nos jours de grève de payés ! Deux minutes après, tous les gars ont claqué la porte parce qu’ils en ont assez d’être pris pour des imbéciles", témoigne le délégué CGT de Loomis Lyon, Patrice Jullien.

Pour celui qui est aussi membre du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) de Loomis Lyon, cette prise de position est "un plan B, sorti comme un lapin du chapeau". Elle s’expliquerait par le rapport que l’inspection du travail a rendu suite à son passage par la rue du Vivier ; il constaterait l’insalubrité du lieu rue du Vivier, et intimerait Loomis d’y effectuer des travaux de réhabilitation. Travaux qui coûteraient "au moins trois fois plus cher" que ceux à réaliser au sein des locaux actuels, rue Massimi.

"Problème : Loomis a oublié qu’il faudrait les engager que l’on parte ou non, ironise Patrice Jullien. Au CHSCT, on a fait preuve d’une certaine souplesse depuis 4 ans car le déménagement était en vue. Mais les locaux présentent un taux de plomb qui peut conduire à du saturnisme, dans le stand de tir où il n’y a pas de système d’aspiration adéquat et une partie fermée du bâtiment…"

"Ce n’est pas une question d’argent, mais de travail décent"

Selon lui, l’inspection du travail a fait moult mises en demeure avant de rendre un autre rapport en avril 2013, qui recommandait aussi à Loomis d’entamer des travaux - rue Massimi, cette fois. Les convoyeurs attendent donc un engagement signé par la direction en ce sens, sous peine de ne rien lâcher : en grève illimitée, les 70 convoyeurs se disent prêts à "tenir un mois s'il le faut".

Autre proposition inscrite au "plan B" de la direction ce jeudi : plutôt que la prime prévue en 2009 de 150 euros mensuels sur 36 mois, une prime fixée à 2 000 euros brut étalés sur 24 mois. Les convoyeurs prévoient de réclamer, dès ce vendredi, une prime augmentée à 4 900 euros brut étalés sur 24 mois - au titre de dédommagement de leurs conditions de travail. Et attendront de voir leurs jours de grève payés avant de reprendre du service.

"Ce n’est pas une question d’argent sur le fond, mais de travail décent. Nous avons déjà attendu trop longtemps, assure Patrice Jullien. La rue du Vivier, où nous aurions trois fois moins de place, on est à 100 % contre, mais rester rue Massimi, pourquoi pas ? A condition de remettre en état les locaux d’abord. A la base, s’ils avaient engagé 5 000 euros à l’année pour les réhabiliter, nous n’aurions jamais fait grève". La reprise des négociations est prévue ce vendredi 9 août entre direction et délégués du personnel, au siège de la compagnie, à Rillieux-la-Pape.

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