Chauffage urbain : “Le Grand Lyon ne se bat pas sur les prix”

Une association vient de se créer pour défendre les intérêts des usagers du chauffage urbain. Ces derniers estiment que le Grand Lyon ne fait pas son travail et parle même “d’incompétence”.

L’Asucly. Le nom ne vous dira rien mais cette association pourrait bien faire parler d’elle dans les prochaines années. Les usagers privés du chauffage urbain de Lyon viennent de se constituer en association pour défendre leurs intérêts qu’ils estiment mal défendus par le Grand Lyon. Ils accusent surtout la collectivité de ne pas se battre correctement pour leur faire bénéficier du meilleur tarif sur un service “captif”, puisqu’une fois raccordée au réseau, ils peuvent difficilement en sortir. “Au Grand Lyon, leur seul souci c’est que les gens soient chauffés. On aimerait qu’ils fassent aussi leur travail sur les prix. Dans les HLM, ça représente peut-être une économie de 70 ou 100 euros par an et par foyer. Vous croyez que cela ne les intéresserait pas ?” explique le président Jean-Paul Simoëns. Voici comment son association espère faire baisser les prix.

La TVA à 5,5

Le chauffage urbain est actuellement taxé avec une TVA normale, à 19,6 %. Si le réseau utilisait plus de 50 % d’énergies renouvelables (déchets, bois…), elle passerait alors à 5,5 %, ce qui représenterait une économie significative. C’était tout l’enjeu - outre les considérations écologiques - de la construction d’une chaudière bois dans le 8e arrondissement. Cette dernière ayant été abandonnée, le réseau reste taxé à 19,6 %, jusqu’à ce qu’une solution de remplacement soit trouvée, probablement pas avant 2014. Mais l’Asucly estime que le Grand Lyon pourrait trouver une solution pour y parvenir plus rapidement. Ils lancent plusieurs pistes. La première serait l’intégration au réseau des entreprises privées qui sont directement raccordées à l’incinérateur de Gerland. Un simple avenant au contrat provisoire avec Dalkia permettrait ainsi de faire passer l’ensemble du réseau du bon côté du seuil de 50 % d’énergies renouvelables. Autre solution : lancer dès aujourd’hui, par un appel d’offre indépendant, la construction d’une chaudière à bois.

Des puissances mal calculées

Autre cheval de bataille pour Asucly : la renégociation des puissances souscrites. “Le principe, c’est qu’on s’abonne à une puissance, qui détermine ensuite le prix. On ne sait pas trop comment elle est calculée. Certaines copropriétés essaient de les renégocier, mais Dalkia ne bouge pas. C’est pourtant prévu dans la convention, mais les modalités ne sont pas définies, parce que le Grand Lyon ne les a toujours pas négociée” s’énerve Cédric Vial, l’avocat de l’association.

+32,21 % en 2008 !

Outre les arguments développés par Asucly, Lyon Capitale a décelé une autre bizarrerie dans les tarifs de chauffage. En 2008, le cours du gaz a explosé : + 44,9 %. Celui du fioul lourd a lui nettement baissé : - 40,09 %. Qu’a fait Elvya, la filiale de Dalkia ? Elle en a naturellement tiré profit. Alors qu’elle devait, selon les accords passés avec le Grand Lyon, utiliser 48 % de gaz et 1 % de fioul lourd, elle a utilisé au final 39 % de gaz et 11 % de fioul. Sauf que les usagers n’en ont pas profité. Leur tarif étant calculé en fonction d’un indice où le cours du gaz tient une place non négligeable, il a explosé : + 32,21 % ! Or, l’Asucly, relève que des systèmes d’alerte, prévus dans le contrat, auraient pu permettre au Grand Lyon d’imposer une renégociation tarifaire à Dalkia. Ce qui n’a pas été fait. Étonnant, lorsque l’on sait que le Grand Lyon est de fait le principal client du réseau… Sans parler de tous les locataires d’HLM, pour qui ce type de hausses n’est jamais anodin.

Un prix moins compétitif

En théorie, faire appel à un réseau de chauffage urbain est de loin la solution la plus économique. Ce n’est pas le cas à Lyon. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Elvya, la filiale de Dalkia. Dans un immeuble type de 50 logements, le coût annuel du chauffage chez Elvya revient à 11,84 euros au m2, contre 11,75 euros pour le gaz collectif et 11,55 euros pour le fioul. Seuls le chauffage au gaz individuel (14,19 euros) et l’électrique (15,62 euros) restent plus chers.

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