Confluence-Charlemagne

Centre commercial Lyon Confluence : "Main basse des investisseurs financiers sur la ville"

Paul Raveaud habite le quartier Perrache-Confluent depuis quarante ans. Expert en développement économique territorial, militant associatif et militant PS, il porte sur le nouveau pôle de commerces et de loisirs Confluence, qui ouvre ce mercredi, un regard pour le moins acide.

Lyoncapitale.fr : Vous avez participé, en tant que militant associatif du quartier Perrache-Confluent, à des réunions avec la SEM Confluence concernant le devenir du pôle de commerces et de loisirs du Confluent. Êtes-vous satisfait ?

Paul Raveaud : J'ai effectivement assisté et participé, en tant que militant associatif du quartier, à des réunions organisées par la Société Lyon Confluence (devenue depuis la SPLA) où nous réfléchissions au contenu culturel du futur centre ! Il s'agit bien d'un énorme centre commercial de plus, alors même que les promoteurs de Lyon-Confluence s'étaient clairement engagés sur un projet sensiblement différent où l'offre de loisirs, de détente, devait être conséquente.

Quelles sont, pour vous, les conséquences de ce changement de cap opéré à Confluence ?

Tout d'abord celle de l'équilibre et de la cohérence de la politique commerciale au niveau de Lyon et du Grand Lyon. L'équilibre est manifestement rompu. Les chaînes l'emportent massivement sur le commerce indépendant. Les conséquences seront importantes : quartiers délaissés, abandons des "pas de porte", disparition des "petits" commerces dont on connait le rôle en termes de sociabilité urbaine, de services rendus (notamment aux personnes âgées) et … de tranquillité urbaine !

Ensuite la cohérence. Vu les multiples projets, on peut pour le moins s'interroger. Souhaite-t-on tuer le Carré de Soie ? En centre ville même, quelle cohérence entre le complexe UGC de Confluence et le complexe Pathé de la rue de la République ? Quelle cohérence entre Conflence et le futur, et plus que regrettable, centre commercial qui va s'installer dans les bâtiments de l'Hôtel-Dieu qui auraient mérité un tout autre usage ? A cet égard, et ayant moi-même rédigé l'esquisse d'un projet alternatif pour l'Hôtel-Dieu, je partage les propos de Michel Noir dont je fus pourtant l'adversaire lors des élections législatives de 1991.

Enfin, il faut s'interroger sur le sens d'un tel projet. À quelle construction de la ville participe-t-il ? Avec le futur complexe commercial de l'OL Land, avec les projets de l'Hôtel-Dieu, Confluence s'inscrit dans une logique où l'offre faite aux enfants, aux familles, pour occuper leur temps libre, pour se détendre est essentiellement une offre marchande. Où seront à Confluence les lieux pour rêver, imaginer, créer ? Où seront les lieux permettant des rencontres, des échanges, des enrichissements, personnels et collectifs ? Et ce n'est pas la décision, autoritaire, de déplacer la Maison de la Danse pour l'installer dans la seconde tranche de Confluence qui va pallier ces terribles manques !
Lorsque la construction d'un grand temple de la consommation passe avant l'offre culturelle, on peut s'interroger sur le sens de la ville que l'on construit et sur les conséquences des décisions prises.

Estimez-vous, comme beaucoup, qu'on a laissé les clefs de la ville aux investisseurs privés ?

Nous sommes nombreux à nous interroger sur le poids des investisseurs financiers et des grands promoteurs sur les choix urbanistiques de notre municipalité. Qui pèse en faveur de la Sky Line de la Part Dieu ? Qui a peu à peu changé le projet du centre commercial et de loisir de Confluence, pour le réduire à un nouveau Part Dieu ? Qui a imposé le site de Montout pour le futur OL Land ?... Tout à la recherche prioritaire de financements privés pour le développement de notre ville, Gérard Collomb ne serait-il pas devenu, peut-être à son corps défendant, le cheval de Troie des investisseurs financiers qui sont en train, tout simplement, de faire main basse sur la ville ?

Lire aussi : "Vaporetto, la nouvelle navette entre Confluent, Bellecour et les Terreaux"

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6 commentaires
  1. lyonnais - 4 avril 2012

    Il est bête ce monsieur Raveaud, le Carré de Soie est déjà mort et la Confluence fera de même d'ici quelques annnées malgrés les petits fours de soir les millions dépensés ce mois ci.Nous connaissons tous son concepteur monsieur Collomb Gérard! et c'est en rien le problème des investisseurs étrangers

  2. Collombitude - 4 avril 2012

    Pour une fois qu'un militant PS ne cire pas les bottes à Collomb,qu'il sait quelque peu réfléchir, laissons le s'exprimer, enfin il y en a au moins 1, ne désespérons pas!

  3. lyonnais - 4 avril 2012

    @Collombitude, Ca se voit qe vous ne connaissez pas le personnage, même si aujourd'hui il a semble-t-il virer sa cuti c'était le copain de copain à Collomb.Lorsque l'on discutait dans les diverses réunions si nous n'étions pas d'accord avec se que fessait Collomb nous étions traité au choix soit d'anti Collomb primaire soit de rétrograde!Il a approuvé les plans du CC alors qu'il se taise!

  4. Benvoui - 30 avril 2012

    @lyonnais : Colomb serait-il copain avec DSK ? Puisque vous dites qu'il y en a qui fessent Collomb, ça devient cochon votre histoire.

  5. lyonnais - 1 mai 2012

    'Benvoui' c'est hors sujet mais puisque vous vous demandez si GC est ami avec DSK ? Je ne peux que vous répondre OUI!.'cochon' est bien le terme qu'il faut employé à propos de ce CC de la Confluence avec son mur sud, son parking où il y a la queue tous les jours et ou avec ces néons lumineux de toutes les couleurs font que dans peut de temps des dames viendrons si mettre !!!. D'ailleurs sa me fait penser à la rue St Denis à Paris avec un certain... J'ai oublié son prénom juste que ca commence par un D, CQFD

  6. Pamphlétaire - 28 mai 2012

    Passons le petit pont du port calme, presque dormitif, pour se rapprocher du centre commercial ouvert à tous les vents où se cumulent les mêmes enseignes qu’ailleurs. Temple des achats, comme au bon vieux temps du Vingtième. Rien de nouveau sous la bâtisse. Peut-être, mais la coque aérienne du complexe dégourdit le regard qui s’élance vers les lignes de fuite. Les allées préservées de la foultitude ne contraignent pas à l’acquisition compulsive de biens, elles s’offrent aussi pour le vagabondage serein. Ça rime, un signe d’harmonie, non ?

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