Braquage à Rillieux : 150 lingots d'or volatilisés

250 kilos de métaux précieux, dont 70 % d'or, pour une valeur de 5 millions d'euros, ont été dérobés lundi 18 janvier, dès potron-minet, chez Cooxon Clal, un fabricant de métaux précieux situé à Rillieux-la-Pape.

L'entreprise rillarde avait déjà été "visitée" en 2009, quasiment jour pour jour. C'était le 27 janvier. 270 kilos d'or et 100 kilos de métaux précieux dérobés. Cette fois-ci, selon les premiers éléments dont disposent la police judiciaire de Lyon, les quatre hommes armés sont partis avec une centaine de kilos d'or, soit près de de 5 millions d'euros.

Lyon, nouveau far-west ?

En fin d’année 2009, une série de braquages particulièrement audacieux a propulsé l’agglomération lyonnaise à la “une” des médias nationaux.

Effet Toni Musulin ou pas ? Depuis le 5 novembre 2009 et l’audacieux hold-up du fourgon qu’il conduisait, chargé de 11,6 millions d’euros en “briquettes” sous plastique thermo-soudé, les braquages ont connu une explosion dans l’agglo. Pour preuve, jusqu’au dernier “braquo” de 2009, commis par quatre hommes encagoulés et armés d’un atelier d’affinage de métaux précieux, le 11 décembre, en plein centre de Lyon, on en a dénombré pas moins de dix. Soit un rythme de croisière d’un tous les trois jours. “On a constaté une augmentation des braquages depuis quelques mois” reconnaît Claude Catto, patron de la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Lyon. + 10 % ? + 20 % ? + 30 % ? +74,73 % en fait, selon la Préfecture du Rhône*.

Pourtant, cette recrudescence de braquages ne semble pas inquiéter outre mesure, la période de fin d’année post-Noël ayant toujours été propice aux casses en tous genres. Deux affaires ont marqué l’histoire lyonnaise : le 24 décembre 1968, Guy Reynaud, l’ennemi public n°1 d’alors, et ses complices, attaquent la Simca 1000 des convoyeurs de fonds de la Compagnie générale des voitures de Lyon en criant “Joyeux Noël !” aux badauds médusés. Butin : 330 000 francs. Deux ans plus tard, quasiment jour pour jour, c’est le fameux “gang des Lyonnais” qui braque des convoyeurs de fonds devant la poste centrale de Chambéry. Magot : 2 200 000 franc. Et répétition du “hold-up du siècle”, le célèbre casse de la poste centrale de Strasbourg qui rapporta la bagatelle de 11 680 000 francs.

“Les braquages servent à alimenter les affaires de stups”

A l’époque, les casses rémunéraient bien. Les établissements n’étaient pas aussi surveillés qu’aujourd’hui et les peines prononcées moins lourdes. Comptez dix à vingt ans de réclusion criminelle avec le nouveau code pénal. Aujourd’hui, rapporte un policier lyonnais, “la plupart des braquages ne sont pas de grande envergure”. Des faits d’armes de “pieds nickelés”. La grosse majorité servent à “amorcer la pompe”. En gros, à se constituer une mise de départ, un capital pour partir dans le trafic de stups, largement plus rentable. Pour preuve, l’OCTRIS (Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants) considère qu’il y a jusqu’à trois tonnes de cannabis qui circulent chaque semaine dans la région lyonnaise.

Soit 156 tonnes par an. Dans une enquête que Lyon Capitale avait menée pendant plusieurs mois fin 2008**, l’estimation du chiffre d’affaires annuel du trafic de drogue dans l’agglomération lyonnaise s’élevait à plus de 950 millions d’euros. “Il y a très peu d’équipes locales spécialisée dans les casses, poursuit ce policier. Ces dernières sont ultra organisées et sévèrement armées”.

Des équipes de l’Est lyonnais, d’une vingtaine d’années

Sur les onze braquages de la fin d’année, quatre intéressent particulièrement la PJ lyonnaise. Celui du 26 novembre dans la bijouterie Cartier, rue de la République, ceux du 2 décembre, dans des ateliers de fabrication de bijoux à la Croix-Rousse et à Caluire et enfin celui d’un atelier d’affinage de métaux précieux dans le centre de Lyon (en jaune sur la carte). Une pêche miraculeuse de plus d’1,2 millions d’euros. D’après les dernières investigations, des rapprochements auraient été faits entre ces quatre grosses affaires. Il s’agirait de types de l’Est lyonnais, d’une vingtaine d’années. “De beaux voyous mais pas forcément liés au grand banditisme”.

Référence à Dragan Mikic, Serbe de 30 ans, et les Pink Panthers (référence aux diamants planqués dans un pot de crème pour bébé, technique employée dans le film La Panthère Rose), dont l’entraînement paramilitaire avait permis une évasion spectaculaire de la prison de Villefranche-sur-Saône, fin 2005. “Les gens ont l’impression de redécouvrir les braquages car on vit dans un monde aseptisé” explique Claude Catto, n°1 de la DIPJ. Depuis le hold-up mortel de Vaulx-en-Velin, fin 2007, jamais casses n’avaient été aussi mémorables que ceux de décembre 2009.

* Bilan de la politique de sécurité dans le Rhône. 2009. En 2008, dans le Rhône, la hausse avait été de +35 % par rapport à 2007.
** Lyon Capitale n°672 de novembre 2008

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