Biomnis : 72 suppressions de postes et une nouvelle stratégie

Le géant de la biologie médicale, Biomnis, qui réalise 40 000 analyses chaque jour, a présenté ce mardi son plan stratégique. Il entend se recentrer à Lyon sur les spécialités et hyper-spécialités. Entre 72 et 145 emplois pourraient disparaître.

(Article mis à jour le 9 avril à 9h45)

Le géant de la biologie médicale spécialisée, Biomnis, a présenté ce mardi matin son nouveau plan stratégique. Celui-ci doit permettre à l’entreprise de conforter sa place de leader sur ce marché spécifique. "À l’issue de 18 mois de concertation avec les partenaires sociaux, un accord a été signé il y a quelques semaines avec les syndicats, à l’exception de FO", a précisé le docteur Charles Woler, directeur exécutif de Biomnis.

De 72 à 145 emplois en moins

Malgré tout, 72 emplois seront supprimés – 53 sur le site de Gerland et 19 à Ivry-sur-Seine. "Ces suppressions de postes touchent massivement les employés proches de FO", ont dénoncé une vingtaine de salariés de l’entreprise qui se sont invités à la conférence de presse pour faire entendre leur voix, eux qui s’estiment "les naufragés de Biomnis".

En plus des licenciements, 61 autres salariés (dont 58 à Lyon) se verront proposer une mutation vers le site d’Ile-de-France. "Si l’ensemble de ces salariés venaient à refuser, cela ferait entre 143 et 145 suppressions de postes", estime le directeur, qui a affirmé aux représentants de FO qu’en "35 ans à des postes similaires, ce plan d’accompagnement dépasse très largement" ce qu’il a vu ailleurs en nombre d’emplois conservés. L’année 2013 a permis de restructurer la dette et d'assainir les finances. "En 2012, l’entreprise allait dans le mur, maintenant elle est sur les rails", assure Charles Woler.

Les spécialités à Lyon

Dans sa nouvelle organisation, le groupe devrait séparer ses spécialités. Le laboratoire francilien aura la charge des analyses à très gros volumes, avec des résultats devant être rendus rapidement. Le laboratoire de Gerland sera consacré aux activités spécialisées et hyperspécialisées, comme la génétique ou la recherche d’empreintes génétiques pour le compte de la justice.

"Il s’agit de penser la biologie et la médecine de demain", a insisté le directeur, qui met en avant le travail des équipes sur le développement de nouvelles techniques et de nouveaux produits comme le diagnostic prénatal non invasif (c’est-à-dire la possibilité de dépister une maladie génétique fœtale dès la 10e semaine de gestation, grâce à une prise de sang de la mère).

"Il y avait la biologie préventive et diagnostique ; nous nous dirigeons maintenant vers une biologie prédictive qui permettra de définir certains marqueurs d’une maladie avant que celle-ci ne se déclare et une biologie pronostique qui permettra de définir le traitement auquel un malade sera le plus réceptif", explique Charles Woler. "Dans le cas d’un cancer du sein, on pourra définir quelle chimiothérapie est la plus indiquée, évitant des errances de traitement", illustre Laurent Lefrançois, directeur de la division internationale.

Un déménagement en 2017 ?

Le groupe recentre donc son action sur la plus-value qu’il peut apporter sur ces spécialités. En 2013, sur 257 millions d'euros de chiffre d’affaires, 70 % étaient réalisés en biologie spécialisée. L’idée d’un développement de Biomnis via le rachat de laboratoires de ville, qui avait été envisagé, est désormais bel et bien abandonnée. "Être en concurrence avec ses clients peut être parfois très problématique", souligne Charles Woler.

En 2017, le laboratoire, qui partage ses locaux avec l’Inserm, pourrait déménager. Mais, le directeur l’assure, il ne quittera pas Gerland.

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