Avec la crise, nos poubelles s'allègent plus vite

Le poids des déchets ménagers collectés a nettement diminué depuis le début de la crise financière, constate l'agglomération lyonnaise. Simple effet conjoncturel ou tendance lourde ?

Alors que les déchets collectés augmentaient en moyenne de 5 % par an, le Grand Lyon a noté une baisse de 4 % du tonnage des « poubelles grises » (par opposition aux « poubelles vertes » du recyclage) sur la période 2008-2009. Au Grand Lyon, on explique :

« La baisse a débuté dès le dernier trimestre 2008, ce qui coïncide avec les premiers effets de la crise financière sur les ménages. »

Les poubelles, victimes collatérales de la crise ?

Les Français auraient moins consommé, donc moins jeté. Une enquête de l'Observatoire régional des déchets d'Ile-de-France (Ordif) abonde dans ce sens. Rendue publique début mai, elle a été réalisée auprès des collectivités de la région parisienne, qui représentent 11,6 millions d'habitants.

Résultat : 2,3 % de déchets résiduels (non recyclables) en moins entre 2007 et 2008. Nos poubelles seraient-elles les « victimes » collatérales de la crise ?

Helder de Oliveira, directeur de l'Ordif, reconnaît « l'effet d'accélération » :

« Avant 2008, la diminution annuelle de nos déchets tournait plutôt autour de 1 %. Mais le phénomène, s'il est accentué par la crise, n'est pas uniquement conjoncturel. La tendance reste stable depuis le début des années 2000. » (Voir le graphique de l'Ademe)

En incluant les déchets recyclables, l'Ordif relève une baisse globale de 12 % entre 2000 et 2008. Le ratio par habitant passe de 431 à 380 kilos annuels. Une diminution qu'Helder de Oliveira attribue à « une prise de conscience du consommateur » :

« Sensibilisés à la protection de l'environnement, les gens deviennent plus attentifs à leurs achats. Aujourd'hui, les objets se conservent plus longtemps, ou se donnent. »

Le recyclage des déchets à la traîne

Une prise de conscience qui devrait logiquement entraîner une augmentation du recyclage. Pourtant, le tri des déchets ne connaît qu'une progression timide de 2007 à 2008, selon l'Ordif : +0,8 % pour les emballages et papiers graphiques (hors presse et magazines) et +1,5 % pour le verre.

Helder de Oliveira appelle les collectivités à « poursuivre leurs efforts » :

« Le recyclage a connu deux périodes d'accélération. En 2000, lorsque des villes comme Paris ont rattrapé leur retard en installant le tri sélectif. Puis autour de 2005 où, toujours à Paris, une seconde collecte hebdomadaire des déchets recyclables a été organisée. Depuis quelques années, il y a moins d'actions, d'où ce ralentissement.

Le recyclage ne concerne que 30 % des déchets en France. L'objectif du Grenelle de l'environnement, c'est 45 %. Si rien ne bouge, cela paraît difficile : il faut que les collectivités se remobilisent. Nous avons de la marge : une étude de l'Ademe montrait récemment que la moitié des déchets recyclables se trouvaient encore dans une poubelle normale. »

Il rappelle que la France reste le mauvais élève de l'Europe : des pays comme l'Allemagne, l'Autriche ou la Belgique dépassent tous les 60 % de déchets recyclables.

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