Police
© Tim Douet

A Lyon, un homme tabassé car ses agresseurs le pensent homosexuel

Dans la nuit de jeudi à vendredi, alors qu’il sortait d’une boîte gay de Lyon, un homme de 40 ans s’est fait prendre à partie et tabasser, simplement parce que ses agresseurs le pensaient homosexuel.

"C’est difficile d’en parler, je suis encore sous le choc", confie la victime. Il est environ 3 heures du matin lorsqu’il sort d’une boîte de nuit gay de Lyon. La victime préfère taire le nom du club. Il devait rejoindre un ami dehors, mais il ne le trouve pas, et décide de se mettre en route pour le domicile de sa petite amie. Quelques mètres plus loin il entend des jeunes l’insulter. "Ils étaient vraiment très jeunes. Je les ai entendu dire "Il sort de chez les PD, lui c’est un PD", et tout s’est passé très vite." Impossible pour la victime de se souvenir de tout. Il assure malgré tout que ses agresseurs étaient au moins trois. "J’ai reçu des coups. Au début j’ai essayé de me défendre mais je me suis vite retrouvé à terre et ils ont continué de me frapper. Je tenais mon sac à dos très fort contre moi, parce que j’avais peur qu’ils me le volent. Mais ils n’ont rien pris, ils n’ont même pas essayé." Pas de doute pour l’homme de 40 ans, traumatisé. "Ils m’ont frappé parce qu’ils pensaient que j’étais homosexuel, c’est tout."

Quelques minutes plus tard, alors qu’il essaie de joindre la police au téléphone, l’homme aperçoit des gyrophares et se dirigent vers les policiers. "J’étais vraiment énervé, je criais, j’étais couvert de sang. Ils ont appelé les pompiers et ils ont attendu avec moi."

La victime a reçu 3 jours d’ITT pour ses blessures. "J’ai l’arrête du nez fracturée, mais pas déplacée, et mes doigts sont endoloris parce qu’ils ont dû me marcher dessus." Encore traumatisé, il ira déposer plainte lundi, en espérant qu’on puisse retrouver ses agresseurs. "On m’a dit que même si je n’étais pas homosexuel, le fait qu’ils me frappent pour cette raison c’est homophobe." Encore sous le choc, la victime peine à se souvenir des détails. "Ce qui est très choquant aussi, c'est de voir des gens passer à côté et ne pas intervenir..."

En mai dernier, SOS Homophobie publiait son rapport annuel quant aux chiffres relatifs aux agressions homophobes. En 2017, l’association a compté une augmentation de 15 % des agressions par rapport à 2016.

à lire également
Toute la semaine à Villeurbanne, une campagne choc contre l’homophobie était placardée sur un panneau d’affichage JCDecaux. Jugée excessive par un père de famille, qui a décidé le 22 août de recouvrir symboliquement la campagne d’un papier blanc et de saisir la justice.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut