A Lyon, " 1er mai historique "

Au-delà de la sempiternelle querelle des chiffres, le défilé lyonnais du 1er mai a connu un succès " historique " pour les huit syndicats. Même s'il a rassemblé moins de monde que la manifestation du 19 mars (45 000 personnes, selon les syndicats), ce défilé de mai 2009 est trois fois plus important que celui de 2008.

Signe des temps, les huit confédérations appelaient pour la première fois à une manifestation commune à Lyon. FO était partie prenante du cortège alors que traditionnellement ses militants honorent les Canuts à la Croix-Rousse , tout comme les cadres de la CGC , qui n'ont pas pour habitude de défiler le 1er mai, et la CFTC qui a tendance à se rassembler à Paris. Ce vendredi matin, de la place Jean-Macé à Bellecour, tous se sont placés derrière la désormais incontournable banderole " la crise, c'est eux... ce n'est pas à nous de la payer ".

Salariés du public et du privé, retraités, étudiants, chômeurs, sans-papiers,... le cortège donnait dans les mêmes couleurs bigarrées que pour les deux précédentes journées d'action du 29 janvier et 19 mars. Les revendications étaient aussi sensiblement les mêmes : arrêts des licenciements, augmentation des salaires et des minima sociaux.

Fortement mobilisés, l'hôpital public et l'Education national faisaient entendre une voix particulière. Les premiers reprenaient un " retrait de la loi Bachelot " (actuellement en discussion au parlement) alors que les seconds se faisaient entendre contre les réformes Darcos et Pécresse. Pressés derrière une banderole " de la maternelle à l'université, école en danger ", profs, étudiants et parents d'élèves avertissaient qu'ils n'étaient pas " fatigués " alors que la mobilisation dure depuis le début de l'année scolaire.

" On sent quelque chose de profond. Il y avait toutes les générations, parents, enfants ", souligne le secrétaire général de l'union départementale du Rhône FO, Philippe Pihet qui est venu lui-même avec toute sa famille.

Son confrère de l'UNSA, Gilbert Debard enfonce le clou : " l'inquiétude monte chez les gens. A la rentrée de septembre, on aura un million de chômeurs de plus. La pandémie de grippe peut avoir des conséquences aussi importantes que la crise que nous vivons. Les gens ont bien conscience que le plus dure est devant nous. Et malgré ça, le gouvernement reste autiste et bloqué sur des positions idéologiques en nous ressortant le travail du dimanche ! "

L'Internationale, de Lutte Ouvrière au PS

La manif avait aussi une teinte politique. Les militants lyonnais du Nouveau Parti Anti-capitaliste (NPA) de Besancenot étrennaient leurs nouveaux drapeaux en scandant " usines occupées, patrons séquestrés, auto-défense des salariés ".

Quant au parti socialiste du Rhône, il a même eu l'honneur de manifester avec Vincent Peillon, sa tête de liste Sud-Est pour les élections européennes. Pour l'occasion, le PS avait même loué un camion-sono, qui, arrivé place Bellecour, crachait l'Internationale, reprise timidement par les militants. Les socialistes seraient-ils de l'avis de Dominique de Villepin, en estimant que les temps sont devenus révolutionnaires ?

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